Gustave Guillaumin

Résumé

Gustave Guillaumin Heures de loisir : poésies intimes (1894)

L'onde écume et bouillonne, et du ciel ténébreux A l'abîme entr'ouvert se croisent mille feux; La trombe tourbillonne au milieu de l'orage, Les vents hurlent, les flots se heurtent avec rage, Et jettent, réunis dans un commun effort, Sur le sol ébranlé la ruine et la mort ! Du sein des airs, du fond des antres effroyables S'échappent à la fois des clameurs lamentables. L'on dirait, menaçant d'engloutir l'univers, Les démons conjurés des cieux et des enfers !
— Ecoutez ! écoutez... au milieu du vacarme... Grand Dieu ! c'est un vaisseau jetant son cri d'alarme!
Source : Gallica

Gustave Guillaumin Heures de loisir : poésies intimes (1894)

Riant et joyeux, Leur montrant bientôt le nid qui se couvre
D'un duvet soyeux.
Caressant en paix dans la nuit profonde
Ces beaux rêves d'or, Sous les frais baisers de Phoebé la blonde
Le couple s'endort.
Mais si la colombe un jour, infidèle
A son bien-aimé, Ne vient plus, hélas! effleurer de l'aile
L'arbre accoutumé,
L'autre, du nid vide hôte solitaire,
Du matin au soir Redit à l'écho sa tristesse amère
Et son désespoir.
En vain le soleil à l'amour convie
La nature en fleur, Pour lui c'en est fait ! il n'est dans la vie
Plaisir ni bonheur!
Source : Gallica

Gustave Guillaumin Heures de loisir : poésies intimes (1894)

Est-ce l'ambition, cette froide maîtresse, Qui t'a mis sur le front ce stigmate fatal? Ce coffre-fort où gît un perfide métal Est-ce l'autel où va s'immoler ta jeunesse? Va! la gloire ni l'or ne donnent le bonheur! De déboires sans nombre ils sont la source amère ; Et l'amour ne fût-il rien qu'un rêve du coeur, Qu'il en serait encor la plus noble chimère. Laisse, laisse aux vieillards ces désirs impuissants De richesse et d'honneurs, que l'égoïsme inspire. Un serrement de main, un coup d'oeil, un sourire, C'est là tout ce qui fait le bonheur à vingt ans !
Source : Gallica

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