Léon Hennique

Élements biographiques

Portrait de Léon Hennique Léon Hennique Les Soirées de Médan

Ce qu’on s’y fait vieux !
— T’es pas un homme.
Il y eut un silence, puis l’admirateur de Joliot reprit :
— Où va-t-il coucher ?... Tu ne sais pas ?
— Tiens ! au 7, parbleu !
— Ah ! le lapin.
La conversation se termina par un rire cassé. Mais comme l’extinction des feux sonnait pour la troisième fois, toujours plus loin, avec un bruit pareil à celui d’une trompette d’enfant, le caporal Verdier dit :
— Hop ! les rigolos, allons taper de l’œil.
Et l’on s’en retourna. La chandelle achevait de se consumer sur la planche à pain ; Verdier l’éteignit tout à fait.
Source : Wikisource

Portrait de Léon Hennique Léon Hennique Pœuf

Tu ne mourras pas... Je ne veux pas que tu meures... Je ne veux pas... Je ne veux pas.
Et je fondis en larmes, à mon tour, — tant le don inattendu de la clarinette m’avait impressionné, tant je sentais d’affection en Pœuf, d’affection et de douleur concentrées.
— Tiens ! tu as bien fait de tuer Barrateau, m’écriai-je.
— Oh ! le bon p’tit ! répéta-t-il, — le bon p’tit !
Sa barbe tremblait.
— Voulez... voulez-vous que j’vous dise ? me demanda-t-il alors, les dents serrées.
— Oui, Pœuf.
— Eh ben, toutes les femmes sont des coquines.
Source : Wikisource

Portrait de Léon Hennique Léon Hennique Deux nouvelles

Guillemin, fit le croque-mort à tête sanguine.
Et rejetant son talma sur ses épaules, afin d’avoir les bras libres, il alla se planter aux pieds du cadavre. Mais Guillemin opérait un creux dans la sciure du cercueil ; un camarade le remplaça.
— Vous tenez à l’emporter avec le drap ? demanda la concierge, l’œil pétillant d’avidité.
Ils répondirent :
— Ce sera comme vous voudrez.
— Bien sûr, il vaut mieux le laisser, reprit-elle, les vivants en ont plus besoin que les morts.
Et, sans plus de façons, elle l’attira délicatement, et le jeta sur son bras, sans le plier. Francine était nue.
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature