Léon Hennique

Léon Hennique

Résumé

Portrait de Léon Hennique Léon Hennique Les Soirées de Médan

Sauvageot s’était relevé. L’œil navré, les moustaches pendantes, un reste de colère sur les joues, il paraissait considérablement stupide.
— Voyons, quel est le Prussien qui t’a poivré la pince ? finit par demander le caporal Verdier.
— C’est Faguelin.
En chœur, la chambrée poussa un hurlement de joie, se répétant : « Faguelin ! Faguelin ! »
Quelqu’un cria : « Ohé ! Faguelin !... As-tu vu Faguelin ? »
Maintenant le regard ahuri de Sauvageot se promenait sur toutes les figures. Plusieurs fois déjà, au milieu du tapage, il avait murmuré : « Comment ! ce n’est pas Faguelin ? »
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Portrait de Léon Hennique Léon Hennique Les Soirées de Médan

On entendait grésiller la chandelle en train de se consumer sous le plafond, à un des angles de la planche à pain. Sa longue flamme jaune inondait de lueurs dansantes et affadies les murs blanchis à la chaux, les piles d’effets bien pliés au-dessus de la grande étagère en sapin, les sacs de toile goudronnée dont quelques-uns traînaient sur des lits, pareils à des bêtes éventrées. Calés dans leur râtelier, les fusils alignés dormaient dans une ombre trouble, sans un éclair.
— Verdier, vous pouvez commencer l’appel, dit le lieutenant.
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Portrait de Léon Hennique Léon Hennique Les Soirées de Médan

Ce qu’on s’y fait vieux !
— T’es pas un homme.
Il y eut un silence, puis l’admirateur de Joliot reprit :
— Où va-t-il coucher ?... Tu ne sais pas ?
— Tiens ! au 7, parbleu !
— Ah ! le lapin.
La conversation se termina par un rire cassé. Mais comme l’extinction des feux sonnait pour la troisième fois, toujours plus loin, avec un bruit pareil à celui d’une trompette d’enfant, le caporal Verdier dit :
— Hop ! les rigolos, allons taper de l’œil.
Et l’on s’en retourna. La chandelle achevait de se consumer sur la planche à pain ; Verdier l’éteignit tout à fait.
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