Étienne Pivert de Senancour

Étienne Pivert de Senancour

Oberman (1804 - 2e éd, 1833)

Résumé

Portrait de Étienne Pivert de Senancour Étienne Pivert de Senancour Oberman (1804 - 2e éd, 1833)

Un sentiment impérieux m’attache à toutes les impressions aimantes ; mon cœur plein de lui-même, de l’humanité, et de l’accord primitif des êtres, n’a jamais connu de passions personnelles ou irascibles. Je m’aime moi-même, mais c’est dans la nature, c’est dans l’ordre qu’elle veut, c’est en société avec l’homme qu’elle veut, c’est en société avec l’homme qu’elle fit, et d’accord avec l’universalité des choses. A la vérité, jusqu’à présent du moins, rien de ce qui existe n’a pleinement mon affection, et un vide inexprimable est la constante habitude de mon âme altérée.
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Portrait de Étienne Pivert de Senancour Étienne Pivert de Senancour Oberman (1804 - 2e éd, 1833)

La force est la loi de la nature : la puissance c’est la volonté ; l’énergie dans les peines est meilleure que l’apathie dans les voluptés. Celui qui obéit et qui souffre est souvent plus grand que celui qui jouit ou qui commande. Ce que tu crains est vain, ce que tu désires est vain. Une seule chose te sera bonne, c’est d’être ce que la nature a voulu.
Tu es intelligence et matière. Le monde n’est pas autre chose. L’harmonie modifie les corps, et le tout tend à la perfection par l’amélioration perpétuelle de ses diverses parties. Cette loi de l’univers est aussi la loi des individus.
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Portrait de Étienne Pivert de Senancour Étienne Pivert de Senancour Oberman

L’amour n’existe pas, à la vérité, sans le prestige de la beauté corporelle ; mais il semble tenir plus encore à l’harmonie intellectuelle, aux grâces de la pensée, aux profondeurs du sentiment.
L’union, l’espérance, l’admiration, les prestiges, vont toujours croissant jusqu’à l’intimité parfaite ; elle remplit l’âme que cette progression agrandissait. Là s’arrête et rétrograde l’homme ardent sans être sensible, et n’ayant d’autre besoin que celui du plaisir. Mais l’homme aimant ne change pas ainsi ; plus il obtient, plus il est lié ; plus il est aimé, plus il aime
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