Étienne de Senancour, Obermann. Tome 2 (1852)
“ Leurs couleurs pâlissent : cet espace voilé qui les embellissait d'une grâce céleste dans la magie de l'incertitude, découvre maintenant à nu leurs fantômes arides et chagrins. A la lueur austère qui les montre dans l'éternelle nuit, j'en discerne déjà le dernier qui s'avance seul sur l'abîme, et n'a plus rien devant lui. Vous souvient-il de nos vains désirs, de nos projets d'enfant ? La joie d'un beau ciel, l'oubli du monde, et la liberté des déserts ! Jeune enchantement d'un coeur qui croit au bonheur, qui veut ce qu'il désire, et ignore la vie ! ”
