Étienne de Senancour

Résumé

Étienne de Senancour Obermann. Tome 2 (1852)

Leurs couleurs pâlissent : cet espace voilé qui les embellissait d'une grâce céleste dans la magie de l'incertitude, découvre maintenant à nu leurs fantômes arides et chagrins. A la lueur austère qui les montre dans l'éternelle nuit, j'en discerne déjà le dernier qui s'avance seul sur l'abîme, et n'a plus rien devant lui.
Vous souvient-il de nos vains désirs, de nos projets d'enfant ? La joie d'un beau ciel, l'oubli du monde, et la liberté des déserts !
Jeune enchantement d'un coeur qui croit au bonheur, qui veut ce qu'il désire, et ignore la vie !
Source : Gallica

Étienne de Senancour Obermann. Tome 2 (1833)

« Si nous sommes émus profondément, aussitôt nous songeons à quitter la terre. Qu'y aurait-il de mieux ; après une heure de délices ?
Comment imaginer un autre lendemain à de grandes jouissances ? Mourons : c'est le dernier espoir de la volupté, le dernier mot, le dernier cri du désir.
» Si vous désirez vivre encore, contenez-vous ; suspendez ainsi votre chute. Jouir, c'est commencer à périr ; se priver, c'est s'arranger pour vivre. La volupté apparaît à l'issue des choses, à l'un et à l'autre terme; elle communique la vie, et elle donne la mort. L'entière volupté, c'est la transformation.
Source : Gallica

Étienne de Senancour Obermann. Tome 2 (1833)

Tout est douleur, vide, abandon, si l'amour s'éloigne : s'il s'approche, tout est joie, espoir, félicité. Une voix lointaine, un son dans les airs, l'agitation des branches, le frémissement des eaux, tout l'annonce , tout l'exprime , tout imite ses accens et augmente les désirs. La grâce de la nature est dans le mouvement d'un bras ; l'harmonie du monde est dans l'expression d'un regard. C'est pour l'amour que la lumière du matin vient éveiller les êtres et colorer les cieux
Source : Gallica

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