Étienne de Senancour

Élements biographiques

Étienne de Senancour,  Obermann. Tome 2 (1852)

“ Leurs couleurs pâlissent : cet espace voilé qui les embellissait d'une grâce céleste dans la magie de l'incertitude, découvre maintenant à nu leurs fantômes arides et chagrins. A la lueur austère qui les montre dans l'éternelle nuit, j'en discerne déjà le dernier qui s'avance seul sur l'abîme, et n'a plus rien devant lui.
Vous souvient-il de nos vains désirs, de nos projets d'enfant ? La joie d'un beau ciel, l'oubli du monde, et la liberté des déserts !
Jeune enchantement d'un coeur qui croit au bonheur, qui veut ce qu'il désire, et ignore la vie !
”
Source : Gallica

Étienne de Senancour,  De l'Amour, considéré dans les lois réelles… (1806)

“ Le sein donnera tout ce que l'imagination la plus heureuse eût deviné pour le charme des belles heures de la vie : il est ce que l'homme n'eût jamais imaginé, ce que la nature infinie a seule pu faire ; douce harmonie de simplicité et de beauté ! assez beau pour l'excès du plaisir, assez simple pour être encore beau quand le plaisir n'est plus ; assez expressif, assez voluptueux, dans l'agitation, pour les derniers désirs, assez pur dans la nudité, pour un désir durable : circulaire, pyramidal, tout vivant d'amour, il éveille un besoin sans borne, il permet un espoir sublime. ”
Source : Gallica

Étienne de Senancour,  Obermann. Tome 2 (1852)

“ Le besoin d'aimer était devenu l'existence elle-même, et le sentiment des choses n'était que l'attente et le pressentiment de cette heure qui commence la lumière de la vie. Mais si dans le cours insipide de mes jours, il s'en trouvait un qui parût lui offrir le seul bien que la nature contînt alors pour mon coeur, ce souvenir était dans moi comme pour m'en éloigner. Sans avoir aimé, je me voyais dans une sorte d'impuissance d'aimer désormais, ainsi que ces hommes en qui une passion profonde a détruit le pouvoir de sentir une affection nouvelle. ”
Source : Gallica

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