Maurice Saint-Chamarand

Résumé

Maurice Saint-Chamarand A genoux devant la Gaule... (1936)

« Le latin, le vrai, le seul, celui de vos livres, a son entrée dans les Gaules, s'est, de siècle en siècle, et toujours plus réincarné dans le Celte pour devenir d'abord « la rustique » ou ce bas-latin que chantent les psaumes — puis ce Roman de votre serment de Strasbourg que le Tudesque ignorant dénommait la langue de Rome, et que vous-mêmes moins ignorants, grâce à vos trésors de mémoire, saluez, à faux cependant, comme le latin qui se corrompt de lui-même ou que corrompt son sosie fictif, ce latin lunaire imbu de vos rêves pour tenir lieu de l'ancêtre.
Source : Gallica

Maurice Saint-Chamarand A genoux devant la Gaule... (1936)

Car il n'en faut guère à vos yeux, quand on est un romain de Rome, pour devenir un auguste. Pour peu qu'on traverse en armes un pont de bois sur le Tibre, que l'on se noie dans ses eaux un bouclier à la main, ou qu'on remue de ses doigts le feu d'un brasier douteux, on nous en goure la mémoire avec des sourires béats d'enfants à tartines dont la bouche est d'un trop plein de confiture, emmiélée — et nous en voilà humiliés, nous, mais sans confiture, pour la vie.
Source : Gallica

Maurice Saint-Chamarand A genoux devant la Gaule... (1936)

Je l'appelle l'enfant de la balle supposé de votre culture, que vous avez mis au monde pour exproprier le Gaulois et l'évaporer de nos âmes, au profit de cet avorton que vous faites père du Roman dans les lieux mêmes ou le vieil idiome des Gaules se parlait et désagrégeait tous les jours, étouffait ou agglutinait plus ou moins le latin de vos Muses.
« Voilà la vérité du bon sens ; mais ce vrai-là vous irrite, car si notre langue est gauloise, adieu votre âme latine ! adieu aussi la culture ! et ce fonds-là c'est le vôtre, vous le défendez à tous prix. »
Source : Gallica

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