Théodore Pein

Élements biographiques

Théodore Pein Lettres familières sur l'Algérie… (1871)

Frémissement d'horreur. — Eh bien, qu'est-ce qui vous prend? vous tremblez comme des voleurs, gens de peu de foi. Hein ! la lame y est bien, j'espère, — jusqu'à la garde. — Il retire l'arme et l'essuie sur sa manche. — Touchez ma peau, qu'est-ce que vous voyez? pas plus de trou que sur ma main, pas plus de sang que dans mon oeil. Faitesen autant. — Pas si bêtes. — Vous avez raison, il ne faut pas jouer avec ces choses-là, car vous êtes des croquants, et moi je suis le grand chérif du Sud, l'incomparable chérif du Sahara.
Source : Gallica

Théodore Pein Lettres familières sur l'Algérie… (1871)

Est-ce que le marin ne fait pas consister le bonheur à vivre au sein de l'océan, à se promener sur un pont large comme la main? c'est qu'il est roi à son bord, c'est que là il n'est ahuri par personne; personne ne l'étourdit, personne ne lui casse les oreilles.
Eh bien, moi aussi j'étais roi, je jouissais d'une liberté sans bornes, les grandes tribus de cavaliers du Hodna, ces tribus nomades d'Ouled Nail, ne reconnaissaient de chef que moi, n'obéissaient qu'à moi, excepté quand elles passaient au chérif, ce qui leur arriva rarement et pas à toutes.
Source : Gallica

Théodore Pein Lettres familières sur l'Algérie… (1871)

Chez les Arabes, le nègre était traité comme l'enfant de la maison, c'était un coq en pâte, heureux comme un rentier sans rentes ; le koran s'est occupé de son sort ; non-seulement il défend expressément qu'on le maltraite, mais même qu'on le traite mal ; le maître a, sur la négresse, les mêmes droits que sur ses femmes, il lui doit donc les mêmes égards ; il est vrai qu'en en ayant fort peu pour son épouse, il ne peut pas en avoir beaucoup pour sa négresse; mais pour les femmes de cette couleur, les égards ne font pas le bonheur de l'existence, et leur sort n'est pas à plaindre en pays arabe.
Source : Gallica

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