G. Chantepleure

Résumé

G. Chantepleure Ma conscience en robe rose (1901)

Bernard écoutait toujours, attentif; soudain, il redressa la tête, et, la voix émue:
—Je voudrais, murmura-t-il, que Jacques Chépart pût vous entendre. Plus tard, quand je le reverrai, je lui dirai ce que vous m’avez dit... Vous avez raison de le plaindre... ce n’est pas un méchant homme, non, c’est un homme à qui l’on n’a pas su enseigner la vie; c’est, comme vous le disiez, un homme qu’on a mal aimé et qui n’a jamais aimé personne, un homme qui a vécu dans un monde néfaste et qui, se jugeant sévèrement lui-même, s’est cru le droit de juger les autres, impitoyablement.
Source : Gutenberg

G. Chantepleure Ma conscience en robe rose (1901)

Je ne suis pas un fantôme, je suis Jeanne de Thiaz, Janik, votre cousine, voilà tout!
—Jeanne de Thiaz! murmura-t-il... Oh! pardon, mademoiselle... je suis plus faible qu’un enfant.
Il essayait de sourire, et il regardait la jeune fille, tout en pensant au portrait de l’aïeule qui riait dans son cadre Empire.
—Ne vous excusez donc pas, reprit la petite voix claire. Un malade qui s’évanouit, rien de plus naturel. Mais je suis désolée, moi!
Doucement, Bernard avait pris des mains de Janik le mouchoir imbibé de vinaigre, et il se le passait lui-même sur les lèvres et sur le front.
Source : Gutenberg

G. Chantepleure Ma conscience en robe rose (1901)

Les danseurs l’ont surnommée Sainte-Jacqueline, tant elle a passé froide et sereine, dans ces grands salons pleins de lumière où le plaisir l’invitait.
Le couvent! Tel est son rêve à elle. A ce seul mot, Léa frissonne. Le couvent! Ne jamais rire, ne jamais valser, ne jamais se marier!... Et puis, il y a des pénitences... et puis, l’uniforme enlaidit. Ah! combien Léa préfère à la cornette, le voile qui l’enveloppera dans trois jours, quand Jean la conduira à l’autel! Pauvre Jacqueline!
Et Léa dévide toujours. Le peloton fait des bonds extravagants sur le tapis, la bobine grossit à vue d’œil.
Source : Gutenberg

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