Résumé

Portrait de André Léo André Léo Légendes corréziennes

Malgré les précautions de ces amoureux, la Marianne se douta de la vérité ; la jalousie, comme toute passion, flaire les choses dans l’air. Autant elle aimait Pierrille, autant elle haïssait la Miette ; si bien qu’elle se promit de la perdre, de telle manière qu’elle pourrait. Ce qui surtout l’enrageait, c’était que cette fille eût une bonne réputation, sachant bien que pour elle, la Marianne, il n’en était point ainsi. Elle pensait, d’ailleurs, que chez Miette ce n’était qu’hypocrisie ; les mauvais n’imaginant pas qu’on fasse le bien par nature et par plaisir.
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Baptiste te fait ses compliments ; il se porte bien.
Il n’y avait rien à quoi Mélie crût plus fortement qu’à l’amour et à l’honnêteté de son fiancé. Aussi, quand, oyant ce rapport, elle se vit comme abandonnée, fut-elle un moment sans plus croire à rien ; elle vit les murs autour d’elle tourner, et il lui sembla que le monde avait changé de nature, et qu’elle était le jouet de quelque magie. Quand elle se fut un peu remise, elle changea de fichu et de tablier, pria sa mère de prendre patience, et s’en fut elle-même chez les Bénot.
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C’étaient les laveuses qui parlaient de l’événement ; l’accent aigre de leurs voix montait vers Miette et lui étouffait le cœur ; car cet accent portait de la haine. Et toutes ces langues ne s’arrêtaient pas une minute, et parlaient souvent toutes à la fois. On n’a pas toujours si beau sujet de conversation, et ceux qui aiment à parler sont si contents d’en avoir un, quel qu’il soit, serait-ce un assassinat bien horrible ! La nature humaine, il faut l’avouer, n’est pas toujours bonne, même chez les gens qui ne passent point pour méchants.
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