Résumé

Portrait de George Sand George Sand François le Champi

Mon Dieu ! mon Dieu ! tu ne me parles pas, tu ne m’embrasses pas, tu ne me dis rien ! s’écria madame Delmare en étreignant les genoux de Raymon contre sa poitrine ; tu ne peux donc pas ? Le bonheur fait mal ; il tue, je le sais bien ! Ah ! tu souffres, tu étouffes, je t’ai surpris trop brusquement ! Essaie donc de me regarder ; vois comme je suis pâle, comme j’ai vieilli, comme j’ai souffert ! Mais c’est pour toi, et tu ne m’en aimeras que mieux ! Dis-moi un mot, un seul, Raymon.
— Je voudrais pleurer, dit Raymon d’une voix étouffée.
— Et moi aussi, dit-elle en couvrant ses mains de baisers.
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Portrait de George Sand George Sand François le Champi

Mais je t’assure que Mariette a un bon cœur, qu’elle a du chagrin aussi, et que si tu lui dis ouvertement ce que tu penses, elle te dira de son côté qu’elle ne pense qu’à toi.
François se leva en pied et sans rien dire, marcha un peu dans la cour ; et puis il revint et dit à Madeleine :
— Je m’étonne bien de ce que vous avez dans l’esprit, madame Blanchet ; tant qu’à moi, je n’y ai jamais pensé, et je sais fort bien que mademoiselle Mariette n’a ni goût ni estime pour moi.
— Allons ! allons ! dit Madeleine, voilà comme le dépit vous fait parler, enfant !
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Portrait de George Sand George Sand François le Champi

Du temps qu’elles caquetaient en cette manière, François pensait à Madeleine. « Cette pauvre femme, se disait-il, qui n’a jamais eu que du chagrin et du dommage à endurer de son mari, est là, malade, à force de l’avoir secouru et réconforté jusqu’à l’heure de la mort. Et voilà cette jeunesse qui est la sœur et l’enfant gâté du défunt, à ce que j’ai ouï dire, qui ne montre pas grand souci sur ses joues. Si elle a été fatiguée et si elle a pleuré, il n’y paraît guère, car elle a l’œil serein et clair comme un soleil. »
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