Résumé

Henri Amic Renée : avec une préface à George Sand (1879)

Qu'ai-je donc fait, mon amie, pour que tu ne m'aimes plus? demanda-t-il un soir tristement à Rénée.
Que dis-tu là? Tu sais bien que je n'ai pas cessé de t'aimer. N'es-tu pas toute ma vie maintenant?
Je voudrais te croire, et je ne puis : si tu avais pour moi le même amour qu'autrefois, tu ne passerais pas à pleurer la meilleure partie de tes jours.
Personne plus que moi n'aimait notre enfant, mais on ne peut vivre avec les morts. Il y a près de deux ans que notre Didier n'est plus et tu le pleures comme au premier jour.
Source : Gallica

Henri Amic Renée : avec une préface à George Sand (1879)

Lilia avait laissé l'imagination de son amie combler cette lacune. Elle s'était aperçu que ses malheurs passés la rendaient plus chère à Mlle Velmyr.
Le caractère de Rénée avait été pour Mlle Dick un sujet d'étonnement profond. Son esprit tout personnel n'avait rien compris tout d'abord à la constante abnégation de son amie.
Où places-tu donc le bonheur, toi ? lui demanda-t-elle un jour brusquement.
Dans le plaisir d'aimer, lui répondit en riant Rénée.
Aimer, qu'entends-tu par là ?
Belle question! Aimer, c'est s'oublier pour une autre, c'est vivre en dehors de soi, tu le sais bien.
Source : Gallica

Henri Amic Renée : avec une préface à George Sand (1879)

Rénée, du reste, avait prévu ce qui arrivait. Elle n'accusait personne, elle ne regrettait rien, mais son cœur était déchiré.
Bientôt elle se sentit plus calme, plus forte. Mme d'Elbauve n'était pas de ces femmes qui ne savent trouver de plaisir dans la passion que lorsqu'elle est entourée de mensonges ou d'infamies de haut goût ; en aimant elle n'avait fait tort qu'à elle-même, rien ne pouvait ternir la pureté de son amour. Rénée n'avait ni regrets, ni remords, elle pouvait mourir, sa conscience était tranquille.
Mme d'Elbauve sonna Catherine.
Sais-tu où est mon mari? lui demanda-t-elle.
Source : Gallica

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