Claude Renaudy, Son absence : ceux qui s'aimaient et qui ont été séparés (1940)
“ Est-ce un réconfort ou n'est-ce pas, peut-être, le secret désir d'approfondir une certaine souffrance ? La vie du cœur continue-t-elle ainsi, faite de petits souvenirs, de petits gestes, de regrets obstinés ? Mais alors, ce n'est plus une vie, ce n'est plus cette flamme éclatante et pure qui les réchauffait tous les deux : c'est seulement une pauvre veilleuse dans un coin de la chambre. — Et notre vie de pensée et d'action, qu'est- elle devenue ? Elle se recueille. Un coup de vent passe au-dessus de la maison, des arbres s'égouttent dans le jardin comme pour bien rappeler qu'ils sont là. ”
