Élie Faure,
La roue
(1919)
“ Toujours l’amour, toujours la guerre. Georges n’avait-il pas donné son sang pour protéger non vingt siècles passés, mais vingt siècles futurs ? Toute idole nouvelle n’était-elle pas contenue dans l’idole abandonnée, comme un noyau compact qui sort d’un fruit pourri ? La Cité, la Patrie, Dieu, la Révolution, l’Autocrate, n’étaient-ce donc que des prétextes propres à maintenir en nous l’énergie de la liberté, de l’affirmation, du choix ? Défendre le sol, la culture, l’idéal, des mots, d’horribles mots. Tout est esprit. On ne se bat pas bien quand on défend de la matière inerte, de la mort. ”
