Laure Conan 

Résumé

Laure Conan  L'obscure souffrance

Peut-être ont-ils emporté la lumière et la joie de notre vie. Peut-être, par nos larmes, nos suffrages, avons-nous hâté leur entrée au ciel... Nous y ont-ils oubliés ? Ces torrents de volupté qui les inondent ont-ils altéré leur amour pour nous ? Le pouvons-nous croire ? Pouvons-nous douter de leur ineffable compassion, de leur incessante prière pour nous, malheureux, qui cheminons encore dans la vallée d’épreuves ? Et, en ce jour béni, en cette glorieuse fête qui sera un jour la nôtre — il faut l’espérer fermement — ne saurions-nous nous élever un peu au-dessus des misères de la terre ?
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Laure Conan  L'obscure souffrance

Mais il a fallu rentrer et... une noire tristesse m’a envahie. Jamais la réalité ne m’est apparue si laide, si abjecte. Toute mon âme s’est révoltée contre le devoir. Ô cette vie effrayante du cœur et de la pensée !
14 juillet.
Il y a des excès de sensibilité que la raison réprouve sévèrement. Mais ces soudaines rébellions du cœur avide, ces emportements insensés vers le bonheur, comment s’en garder ?
Il faut prier, prier, prier et espérer. Il y a des moments où la prière n’agit plus sur moi, son impuissance me jette parfois dans le doute. Je souffre tant que ma foi s’ébranle.
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Laure Conan  L'obscure souffrance

Comment s’habituer à la privation de tout ce qui fait l’intérêt, la douceur et le charme de la vie ?
On peut toujours ce qu’on doit, donc je puis me résigner. Oui, mon âme, il faut accepter la réalité ! Il faut recommencer sans cesse la lutte pénible et stérile, sans rien de ce qui excite l’ardeur du combat, sans rien de cette noble joie qu’on ressent en son cœur quand on s’est vaincu soi-même. Et quoi d’étonnant ! Le refoulement de tout ce qui, en nous, appela la vie, la joie, la paix, la beauté, est-ce une lutte ?
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