Jules-Philippe Heuzey

Résumé

Jules-Philippe Heuzey Le chemin sans but : roman (1919)

Voyez-vous, c'est de votre faute si son amour ne me donne pas la joie; vous avez développé en moi de désenchantantes facultés d'analyse... Nos idées, à Claude et à moi, ne se heurtent pas à proprement parler; ce sont nos deux natures dans ce qu'elles ont de plus intime qui parfois se repoussent. Claude est un dominateur; je ne l'aimerais pas, s'il n'était pas ainsi, mais son joug m'irrite. L'amour est une servitude,
et vous savez que j'aime ma liberté par-dessus tout.
— Vous avez votre enfant, dit Vivien qui éprouva le besoin de consoler Florence comme autrefois.
Source : Gallica

Jules-Philippe Heuzey Le chemin sans but : roman (1919)

Ce n'est pas non plus une vague sensualité mystique de littérateur attendri. Mais il s'est retrouvé avec le cœur simple de son enfance. Dans ce cœur, à cette minute même, il n'y a que son amour dégagé de tout ce qui l'entoure, isolé de ce qui l'a provoqué. Les sentiments vrais sont toujours simples. La foi en l'immortalité de l'amour qui est la vie même de l'amour l'a prosterné dans une invocation inconsciente : « Mon Dieu, bénissezla ! » Il donne une âme à celle qui refuse d'en
avoir une, car, loin de son apparence, c'est cette âme qu'il aime.
Source : Gallica

Jules-Philippe Heuzey Le chemin sans but : roman (1919)

J'habite la chambre de maman. Le premier soir j'ai ouvert croisées et persiennes et je me suis accoudé à la fenêtre, alors un sentiment de lassitude extrême m'a envahi. Ma mère, mon enfance... « Ces voix qui se sont tues », cela m'a semblé loin, loin comme l'histoire d'un autre. Sans émotion, j'ai revu le lit de mort de maman, Florence à mes côtés. Que la tristesse m'eût été douce ! Je n'ai rien ressenti. L'aridité de notre cœur, à certains
moments, est notre plus grand sujet d'humilité.
Source : Gallica

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