Résumé

Joséphine Colomb La fille de Carilès ; Le petit prince Ulrich… (1874)

Mme Terrasson le tâta, l'examina, et relevant la tête en souriant : « Ce ne sera rien, père Carilès, dit-elle, rassurez-vous; ce n'est qu'un pied foulé, et avec quelques compresses, il n'y paraîtra plus. Pauline, donne-moi une cuvette d'eau bien fraîche. C'est cela ! — N'aie pas peur, ma mignonne, tu seras bientôt guérie. Tu as été effrayée, n'est-ce pas ? Bois un peu d'eau sucrée, cela calmera ce petit cœur qui bat si fort. Et ta main, donne-la à Pauline pour qu'elle la lave. Vois-tu, elle ne saigne plus, ni ton nez non plus. Ton pied te fait-il un peu moins mal ? »
Source : Gallica

Joséphine Colomb La fille de Carilès ; Le petit prince Ulrich… (1874)

Il est bien vieux maintenant, le père Carilès ! Son âge, qu'il ne sait pas bien au juste, flotte entre soixantequinze et quatre-vingts ans; mais il est encore vif et alerte, et se sert de ses yeux comme s'il n'avait jamais été aveugle. Le soir de sa vie est doux et riant comme un beau soir d'automne ; il voit prospérer autour de lui la famille de sa fille adoptive, et il se sent tellement aimé de Miette, de Jean et de leurs petits enfants, qu'il aura, dit-il, du chagrin de mourir, surtout à cause de la peine que cela leur fera.
Source : Gallica

Joséphine Colomb La fille de Carilès ; Le petit prince Ulrich… (1874)

Carilès devint blême.
« Je vais vous la laisser, madame : que le bon Dieu récompense votre charité ! je suis bien fâché de n'être qu'un pauvre homme et de ne pouvoir rien faire pour vous.
— Tu veux bien rester chez la bonne dame, n'est– ce pas, Miette ? Je reviendrai te chercher demain. »
Et Carilès partit, non sans avoir embrassé bien des fois la petite malade. Mais, au bout de cinq minutes, il revint sur ses pas, et s'approcha tout doucement de la fenêtre, pour voir dans la chambre, sans être vu, et pour s'assurer que sa chère Miette ne pleurait pas et ne le rappelait point.
Source : Gallica

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