Ernest Pérochon

Résumé

Ernest Pérochon La Parcelle 32

Ayant creusé, dans le bois de la table, deux petites rigoles, dans l’une, elle leur avait versé du lait et dans l’autre, du café pour leur donner de la force.
Comme il était midi, Honoré fit chauffer une platée de haricots aigres et il mit le couvert, car la servante n’en finissait pas.
Une longue sieste coupa en deux cette interminable journée. Un long repos plutôt, car Honoré ne dormit vraiment bien que dix minutes. Encore, le tourment d’aimer agita-t-il son rêve.
Éveline lui apparut, non point dolente, mais brave et de joyeux visage.
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Ernest Pérochon La Parcelle 32

Bernard avait vraiment heurté fort ! Quel triste petit gars !
Honoré songeait à Éveline si douce, à Éveline au corps délicat et à l’âme fragile. Que deviendrait-elle si Mazureau ne revenait pas sur sa parole ? Et si, au contraire, il la rappelait, comment pourrait-elle vivre avec son enfant, entre ce rude vieillard et ce mauvais petit être acharné dont la volonté commençait à s’imposer à la Marnière.
Il se la représentait telle qu’elle serait sans doute dans quelques années : vieillie, fatiguée par les durs travaux, rudoyée, volée et incapable de se redresser et de rompre sa chaîne.
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Ernest Pérochon La Parcelle 32

Du coup, Marie se rapprocha d’elle.
— Tais-toi ! dit-elle, tu n’as pas le droit de parler ainsi ! Tu n’as pas le droit ! Tu ne m’as jamais entendue te faire la morale et encore aujourd’hui, je ne te dis rien... Mais ne parle pas de la sorte si tu tiens à mon amitié ! Il n’y a pas que toi, Éveline ! Il faut que tu te redresses, il faut que tu sois forte pour préparer la vie du petit innocent qui viendra...
Elle était d’une famille où la religion manquait. Elle leva la main, pourtant, en un geste de croyante et, transfigurée par l’émotion, de son index tendu, elle montra le ciel.
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