“ IVAN. – Émir Féofar, tu as un acte de justice à accomplir. FÉOFAR. – Contre cet homme ? IVAN. – Contre lui. FÉOFAR. – Quel est-il ? IVAN. – Un espion russe. TOUS. – Un espion !... MARFA. – Non, non... mon fils n’est pas un espion ! Cet homme a menti !... IVAN. – Cette lettre, trouvée sur lui, indiquait le jour où une armée de secours doit arriver en vue d’Irkoutsk... le jour où faisant une sortie, le Grand-Duc nous aurait pris entre deux feux ! TOUS. – À mort ! à mort ! NADIA. – Grâce pour lui ! MARFA. – Vous ne le tuerez pas ! TOUS. – À mort ! à mort ! IVAN, à Strogoff. ”
Jules Verne
Résumé
Michel Strogoff, pièce de théâtre coécrite par Jules Verne et Adolphe d’Ennery, fut créée en 1880 au théâtre du Châtelet. Adaptée du roman de Verne, elle combine aventure et enjeux politiques, suivant les aventures de Michel Strogoff, un héros sibérien confronté aux Tartares.
Les thèmes de l’héroïsme, de la trahison et de la fidélité traversent les 16 tableaux, ponctués de scènes spectaculaires. L’œuvre, jouée plus de 1 300 fois, marqua l’histoire du théâtre français par sa longévité et son influence.
Citations de Michel Strogoff (Jules Verne)
“ STROGOFF. – Oui, mais je suis un homme... j’ai mon énergie, mon courage. NADIA. – Moi, j’ai pour me soutenir l’espérance et la prière ! STROGOFF. – Ne savez-vous pas que le pays est envahi par les Tartares ? NADIA. – L’invasion n’était pas connue, quand j’ai quitté Riga. C’est à Nijni seulement que j’ai appris cette funeste nouvelle ! STROGOFF. – Et, malgré cela, vous avez continué votre route ? NADIA. – Pourquoi vous-même avez-vous déjà traversé l’Oural ? STROGOFF. – Pour aller revoir et embrasser ma mère, une vaillante Sibérienne qui demeur à Kolyvan ! ”
“ NADIA. – Marfa... MARFA. – Oui, oui, c’est moi, mon enfant bien-aimé, c’est moi, mon noble et courageux martyr !... Laisse-moi les baiser mille fois ces yeux, ces pauvres yeux éteints !... Et c’est pour moi, c’est parce qu’il a voulu défendre sa mère qu’ils l’ont ainsi torturé !... Ah ! pourquoi ne suis-je pas morte avant ce jour fatal ?... Pourquoi ne suis-je pas morte, mon Dieu ? STROGOFF. – Mourir !... toi, non... non !... Ne pleure pas, ma mère, et souviens-toi des paroles que je dis ici : Dieu réserve à ceux qui souffrent d’ineffables consolations ! ”
