“ Ivan Ogareff, terrible comme un de ces chefs tartares qu’il poussait en avant, était un militaire instruit. Ayant en lui un peu de sang mongol par sa mère, qui était d’origine asiatique, il aimait la ruse, il se plaisait à imaginer des embûches, et ne répugnait à aucun moyen lorsqu’il voulait surprendre quelque secret ou tendre quelque piége. Fourbe par nature, il avait volontiers recours aux plus vils déguisements, se faisant mendiant à l’occasion, excellant à prendre toutes les formes et toutes les allures. ”
Ivan Ogareff
Définition et enjeux
Le thème de “Ivan Ogareff” a été abordé par des auteurs tels que Jules Verne, Michel Bakounine, Léon Tolstoï ou Maxime Gorki. Il est souvent associé à des termes comme Irkoutsk, Tatars, Sibérie, Michel ou Czar.
Citations sur “Ivan Ogareff”
“ Il se retourna vers Ivan Ogareff. « Ivan, dit-il d’une voix menaçante, Ivan le traître, la dernière menace de mes yeux sera pour toi ! » Ivan Ogareff haussa les épaules. Mais Michel Strogoff se trompait. Ce n’était pas en regardant Ivan Ogareff que ses yeux allaient pour jamais s’éteindre. Marfa Strogoff venait de se dresser devant lui. « Ma mère ! s’écria-t-il. Oui ! oui ! à toi mon suprême regard, et non à ce misérable ! Reste là, devant moi ! Que je voie encore ta figure bien-aimée ! Que mes yeux se ferment en te regardant !... » ”
“ Alors, la statue s'anima, l'aveugle marcha droit à Ivan Ogareff, et se plaçant en face de lui:«Oui, je vois! dit-il. Je vois le coup de knout dont je t'ai marqué, traître et lâche! Je vois la place où je vais te frapper! Défends ta vie! C'est un duel que je daigne t'offrir! Mon couteau me suffira contre ton épée!—Il voit! se disait Nadia. Dieu secourable, est-ce possible!»Ivan Ogareff se sentit perdu. Mais, par un sursaut de sa volonté, reprenant courage, il se précipita l'épée en avant sur son impassible adversaire. ”
“ Ivan Ogareff salua militairement le grand-duc, n’oubliant pas qu’il était capitaine au corps des courriers du czar, et il se retira. Ivan Ogareff venait donc de jouer avec succès son indigne rôle. La confiance du grand-duc lui était accordée pleine et entière. Il pourrait en abuser où et quand il lui conviendrait. Il habiterait ce palais même. Il serait dans le secret des opérations de la défense. Il tenait donc la situation dans sa main. Personne dans Irkoutsk ne le connaissait, personne ne pouvait lui arracher son masque. ”
“ Il le sait, répondit le czar, mais ce qu’il ignore, c’est qu’Ivan Ogareff, en même temps que le rôle de rebelle, doit jouer le rôle de traître, et qu’il a en lui un ennemi personnel et acharné. C’est au grand-duc qu’Ivan Ogareff doit sa première disgrâce, et, ce qu’il y a de plus grave, c’est que cet homme n’est pas connu de lui. Le projet d’Ivan Ogareff est donc de se rendre à Irkoutsk, et là, sous un faux nom, d’offrir ses services au grand-duc. ”
“ Cependant, l’arrivée d’Ivan Ogareff, qui venait de rendre à la liberté Alcide Jolivet et Harry Blount, était au contraire un grave péril pour Michel Strogoff. Que le hasard vînt à mettre le courrier du czar en présence d’Ivan Ogareff, celui-ci ne pourrait manquer de le reconnaître pour le voyageur qu’il avait si brutalement traité au relais d’Ichim, et bien que Michel Strogoff n’eût pas répondu à l’insulte comme il l’eût fait en toute autre circonstance, l’attention aurait été attirée sur lui, — ce qui eût rendu difficile l’exécution de ses projets. ”
“ On comprend, dès lors, que lorsqu'Ivan Ogareff avait, par une cruelle ironie, placé la lettre impériale devant ses yeux qu'il croyait éteints, Michel Strogoff avait pu lire, avait lu cette lettre qui dévoilait les odieux desseins du traître. De là, cette énergie qu'il déploya pendant la seconde partie de son voyage. De là, cette indestructible volonté d'atteindre Irkoutsk et d'en arriver à remplir de vive voix sa mission. Il savait que la ville devait être livrée! Il savait que la vie du grand-duc était menacée! Le salut du frère du czar et de la Sibérie était donc encore dans ses mains. ”
“ Ivan Ogareff avait laissé l’émir à Tomsk, où tous deux étaient arrivés la veille, et il était revenu au campement de Zabédiero. C’est de ce point qu’il devait partir le lendemain avec l’arrière-garde de l’armée tartare. Une maison avait été disposée pour qu’il pût y passer la nuit. Au soleil levant, sous son commandement, cavaliers et fantassins se dirigeraient sur Tomsk, où l’émir voulait les recevoir avec la pompe habituelle aux souverains asiatiques. ”
“ Mais cette circonstance, par cela même qu’elle paraissait être favorable aux défenseurs d’Irkoutsk, Ivan Ogareff aurait dû regretter qu’elle se fût produite. Il n’en fut rien, cependant ! C’est que le traître savait bien que les Tartares ne chercheraient pas à passer l’Angara, et que, de ce côté du moins, leur tentative ne serait qu’une feinte. Toutefois, vers dix heures du soir, l’état du fleuve se modifia sensiblement, à l’extrême surprise des assiégés et maintenant à leur désavantage. Le passage, impraticable jusqu’alors, devint possible tout à coup. Le lit de l’Angara se refit libre. ”
“ Alcide Jolivet et Harry Blount, ayant acheté des chevaux, avaient déjà pris la route de Tomsk, où la logique des événements allait réunir les principaux personnages de cette histoire. Au nombre des prisonniers amenés par Ivan Ogareff au camp tartare, était une vieille femme que sa taciturnité même semblait mettre à part au milieu de toutes celles qui partageaient son sort. Pas une plainte ne sortait de ses lèvres. On eût dit une statue de la douleur. ”
“ Sans doute, il comptait au nombre de ces prisonniers que les Tartares entraînaient comme un vil bétail ; mais, en se rapprochant de Tomsk, il se rapprochait aussi d’Irkoutsk. Enfin, il devançait toujours Ivan Ogareff. « J’arriverai ! » se répétait-il. Et, depuis l’affaire de Kolyvan, toute sa vie se concentra dans cette pensée unique : redevenir libre ! Comment échapperait-il aux soldats de l’émir ? Le moment venu, il verrait. Le camp de Féofar présentait un spectacle superbe. De nombreuses tentes, faites de peaux, de feutre ou d’étoffes de soie, chatoyaient aux rayons du soleil. ”
“ Depuis son arrivée à Omsk, où elle l’avait rejoint avec ses tsiganes, Sangarre n’avait plus quitté Ivan Ogareff. La circonstance qui avait mis en présence Michel et Marfa Strogoff lui était connue. Les craintes d’Ivan Ogareff, relatives au passage d’un courrier du czar, elle les savait et les partageait. Marfa Strogoff prisonnière, elle eût été femme à la torturer avec tout le raffinement d’une Peau-Rouge, afin de lui arracher son secret. Mais l’heure n’était pas venue à laquelle Ivan Ogareff voulait faire parler la vieille Sibérienne. ”
“ Les soldats tartares se mirent immédiatement sous les armes. Ivan Ogareff, après avoir quitté Zabédiero, arrivait au milieu d’un nombreux état-major d’officiers tartares. Son visage était plus sombre que d’habitude, et ses traits contractés indiquaient en lui une sourde colère, qui ne cherchait qu’une occasion d’éclater. Michel Strogoff, perdu dans un groupe de prisonniers, vit passer cet homme. Il eut le pressentiment que quelque catastrophe allait se produire, car Ivan Ogareff savait maintenant que Marfa Strogoff était la mère de Michel Strogoff, capitaine au corps des courriers du czar. ”
“ La rive droite de l’Angara avait été garnie du peu d’artillerie dont on avait pu disposer. Avec ces mesures, prises à temps, grâce aux recommandations faites si à propos par Ivan Ogareff, il y avait lieu d’espérer que l’attaque préparée ne réussirait pas. Dans ce cas, les Tartares, momentanément découragés, remettraient sans doute à quelques jours une nouvelle tentative contre la ville. Or, les troupes attendues par le grand-duc pouvaient arriver d’une heure à l’autre. Le salut ou la perte d’Irkoutsk ne tenait donc qu’à un fil. ”
“ À ce moment même, la fusillade éclata au nord et au sud de la ville. Les batteries du camp de l’Angara tirèrent à toute volée. Plusieurs milliers de Tartares se précipitèrent à l’assaut des terrassements. Les maisons des berges, construites en bois, prirent feu de toutes parts. Une immense clarté dissipa les ombres de la nuit. « Enfin ! » dit Ivan Ogareff. Et il pouvait s’applaudir à bon droit ! La diversion qu’il avait imaginée était terrible. Les défenseurs d’Irkoutsk se voyaient entre l’attaque des Tartares et les désastres de l’incendie. ”
“ Il y avait à peine trois jours qu’Ivan Ogareff était arrivé à Omsk, et, sans leur funeste rencontre à Ichim, sans l’événement qui venait de le retenir trois jours sur les bords de l’Irtyche, Michel Strogoff l’eût évidemment devancé sur la route d’Irkoutsk ! ”
“ Ivan Ogareff, frappé publiquement de ce knout levé sur elle, n’était pas homme à pardonner, et sa vengeance serait sans merci. Quelque épouvantable supplice, familier aux barbares de l’Asie centrale, menaçait certainement Michel Strogoff. Si Ivan Ogareff l’avait épargné au moment où ses soldats s’étaient jetés sur lui, c’est parce qu’il savait bien ce qu’il faisait en le réservant à la justice de l’émir. ”
“ LE GOUVERNEUR, lisant la lettre. – « Le colonel Ivan Ogareff s’est enfui de la forteresse de Polstock. Il veut pénétrer dans Irkoutsk, et livrer la ville aux Tartares. Il importe donc de se défier de ce traître. Si, comme nous l’espérons, ce message arrive en temps utile à Son Altesse, le Grand-Duc est prévenu qu’une armée de secours sera en vue d’Irkoutsk, le 24 septembre, et qu’une sortie générale, exécutée ce jour-là, écrasera les ennemis entre deux feux... » (Il referme la lettre. À Strogoff.) ”
“ Ivan Ogareff présenta à l’émir ses principaux officiers, et Féofar-Khan, sans se départir de la froideur qui faisait le fond de sa dignité, les accueillit de façon qu’ils fussent satisfaits de son accueil. Ce fut ainsi du moins que l’interprétèrent Harry Blount et Alcide Jolivet, les deux inséparables, associés maintenant pour la chasse aux nouvelles. Après avoir quitté Zabédiero, ils avaient rapidement gagné Tomsk. Leur projet bien arrêté était de fausser compagnie aux Tartares, de rejoindre au plus tôt quelque corps russe, et, si cela était possible, de se jeter avec lui dans Irkoutsk. ”
Jules Verne,
Michel Strogoff
(1876)
“ Appuyé sur les autres khans , – principalement ceux de Khokhand et de Koundouze , guerriers cruels et pillards , tout disposés à se jeter dans des entreprises chères à l' instinct tartare , – aidé des chefs qui commandaient à toutes les hordes de l' Asie centrale , il s' était mis à la tête de cette invasion , dont Ivan Ogareff était l' âme . Ce traître , poussé par une ambition insensée autant que par la haine , avait régularisé le mouvement de manière à couper la grande route sibérienne . Fou , en vérité , s' il croyait pouvoir entamer l' empire moscovite ! ”
“ Le Russe avait reconnu que ces prisonniers étaient étrangers, et il donna l’ordre qu’on les lui amenât. C’étaient Harry Blount et Alcide Jolivet. Dès l’arrivée d’Ivan Ogareff au camp, ils avaient demandé à être conduits en sa présence. Les soldats avaient refusé. De là, lutte, tentative de fuite, coups de fusil qui n’atteignirent heureusement point les deux journalistes, mais leur exécution ne se fût point fait attendre, n’eût été l’intervention du lieutenant de l’émir. ”
Jules Verne,
Michel Strogoff
(1876)
“ Il avait entrevu une ombre qui se glissait jusqu' au pied des terrassements . Sangarre , risquant sa vie , venait essayer de se mettre en communication avec . Ivan Ogareff . D' ailleurs , les assiégés , depuis deux jours , jouissaient d' une tranquillité à laquelle les Tartares ne les avaient point habitués depuis le début de l' investissement . C' était par ordre d' Ivan Ogareff . Le lieutenant de Féofar-Khan avait voulu que toutes tentatives pour emporter la ville de vive force fussent suspendues . Aussi , depuis son arrivée à Irkoutsk , l' artillerie se taisait -elle absolument . ”
“ CHAPITRE IIune attitude d’alcide jolivet. C’était tout un corps d’armée qu’Ivan Ogareff amenait à l’émir. Ces cavaliers et ces fantassins faisaient partie de la colonne qui s’était emparée d’Omsk. Ivan Ogareff, n’ayant pu réduire la ville haute, dans laquelle — on ne l’a point oublié — le gouverneur et la garnison avaient cherché refuge, s’était décidé à passer outre, ne voulant pas retarder les opérations qui devaient amener la conquête de la Sibérie orientale. Il avait donc laissé une garnison suffisante à Omsk. ”
Jules Verne,
Michel Strogoff
(1876)
“ Le projet de leur chef était , sans doute , de ne pas s' arrêter , mais de se porter en avant et de gagner , dans le plus bref délai , Tomsk , ville importante , naturellement destinée à devenir le centre des opérations futures . En même temps que ses soldats , Ivan Ogareff amenait un convoi de prisonniers russes et sibériens , capturés soit à Omsk , soit à Kolyvan . Ces malheureux ne furent pas conduits à l' enclos , déjà trop petit pour ceux qu' il contenait , et ils durent rester aux avant-postes , sans abri , presque sans nourriture . ”
“ Ivan Ogareff, après avoir quitté le gouvernement de Perm, a passé les monts Ourals. Il s'est jeté en Sibérie, dans les steppes kirghises, et, là, il a tenté, non sans succès, de soulever ces populations nomades. Il est alors descendu plus au sud, jusque dans le Turkestan libre. Là, aux khanats de Boukhara, de Khokhand, de Koundouze, il a trouvé des chefs disposés à jeter leurs hordes tartares dans les provinces sibériennes et à provoquer une invasion générale de l'empire russe en Asie. ”
“ tu te tairas! dit le traître.—Ivan Ogareff!» cria une troisième fois l'intrépide jeune fille, et d'une voix dont la haine avait décuplé la force.Ivre de fureur, Ivan Ogareff tira un poignard de sa ceinture, s'élança sur Nadia et l'accula dans un angle de la salle.C'en était fait d'elle, lorsque le misérable, soulevé soudain par une force irrésistible, alla rouler à terre.«Michel!» s'écria Nadia.C'était Michel Strogoff. ”
“ Celui-ci examina pendant quelques moments ces prisonniers, qui lui étaient absolument inconnus. Ils étaient présents, cependant, à cette scène du relais de poste d’Ichim, dans laquelle Michel Strogoff fut frappé par Ivan Ogareff ; mais le brutal voyageur n’avait point fait attention aux personnes réunies alors dans la salle commune. Harry Blount et Alcide Jolivet, au contraire, le reconnurent parfaitement, et celui-ci dit à mi-voix : « Tiens ! Il paraît que le colonel Ogareff et le grossier personnage d’Ichim ne font qu’un ! » ”
Jules Verne,
Michel Strogoff
(1876)
“ En connaissez -vous un autre ? demanda Harry Blount , en regardant son compagnon . – Certainement ! Nous ne sommes pas des belligérants , nous sommes des neutres , et nous réclamerons ! – Près de cette brute de Féofar-Khan ? – Non , il ne comprendrait pas , répondit Alcide Jolivet , mais près de son lieutenant Ivan Ogareff . – C' est un coquin ! – Sans doute , mais ce coquin est Russe . Il sait qu' il ne faut pas badiner avec le droit des gens , et il n' a aucun intérêt à nous retenir , au contraire . ”
Jules Verne,
Michel Strogoff
(1876)
“ Vingt mille Russes , venus des provinces de la frontière et du gouvernement de Tobolsk , se sont heurtés contre cent cinquante mille Tartares , et , malgré leur courage , ils ont été anéantis . – Tu mens ! s' écria le grand-duc , qui essaya , mais vainement , de maîtriser sa colère . – Je dis la vérité , Altesse , répondit froidement Ivan Ogareff . J' étais présent à cette bataille de Krasnoiarsk , et c' est là que j' ai été fait prisonnier ! ”
Jules Verne,
Michel Strogoff
(1876)
“ Tu ne le crois pas , petit père , répondit Nicolas . Tu penses qu' ils se porteront sur Irkoutsk ? – Je le crains , répondit Michel Strogoff . – Oui ... tu as raison . Ils ont avec eux un mauvais homme qui ne les laissera pas refroidir en route . – Tu as entendu parler d' Ivan Ogareff ? – Oui . – Sais -tu que ce n' est pas bien de trahir son pays ! – Non ... ce n' est pas bien ... répondit Michel Strogoff , qui voulut rester impassible . – Petit père , reprit Nicolas , je trouve que tu ne t' indignes pas assez lorsqu' on parle devant toi d' Ivan Ogareff ! ”
