“ Michel Strogoff se dirigeait donc d’un pas rapide vers Kolyvan, lorsque des détonations lointaines arrivèrent jusqu’à lui. Il s’arrêta et distingua nettement de sourds roulements qui ébranlaient les couches d’air, et, au-dessus, une crépitation plus sèche dont la nature ne pouvait le tromper. « C’est le canon ! c’est la fusillade ! se dit-il. Le petit corps russe est-il donc aux prises avec l’armée tartare ! Ah ! fasse le ciel que j’arrive avant eux à Kolyvan ! » ”
Kolyvan
Définition et enjeux
Citations sur “Kolyvan”
“ BLOUNT, portant la main à sa jambe. – Ah ! blessé !... JOLLIVET, lui bandant sa blessure malgré lui. – Ah ! pauvre Blount. MARFA. – Courage ! mes amis !... Que chacun de nous sache mourir bravement, non plus pour le salut, mais pour l’honneur de la Russie ! TOUS. – Hurrah ! Pour la Russie ! Le combat s’engage avec les Tartares qui apparaissent. Un brouillard de fumée emplit le poste qui s’effondre. Sixième tableau – Le champ de bataille de Kolyvan. Vue du champ de bataille de Kolyvan. Horizon en feu, au coucher du soleil. Morts et blessés étendus, cadavres de chevaux. ”
“ Là, en effet, se dressaient les tentes tartares, là campait Féofar-Khan, le farouche émir de Boukhara, et c’est là que le lendemain, 7 août, furent amenés les prisonniers faits à Kolyvan, échappés à l’anéantissement du petit corps russe et qui avaient passé la nuit sur le champ de bataille. De ces deux mille hommes, qui s’étaient engagés entre les deux colonnes ennemies, appuyées à la fois sur Omsk et sur Tomsk, il ne restait plus que quelques centaines de soldats. ”
Conrad Malte-Brun,
Géographie universelle ou Description de toutes les parties du monde…
(1853-1854)
“ Il nourrit une grande quantité de bêtes à cornes. Kolyvan ou Kolyane, son chef-lieu, qui a été bâti et rebâti, tantôt dans un endroit et tantôt dans un autre, remplace aujourd'hui l'ancien bourg deTchaousk. Les Russes l'appellent KolyvanoYoskreeensk. Cette ville est peu peuplée; sa position sur la rive gauche de l'Obi est agréable; du côté du sud on aperçoit à l'horizon les monts Altaï, dont les traces se retrouvent, dit M. Erman, dans la chaîne de collines boisées qui forme ici la vallée du fleuve. ”
Jules Verne,
Les voyages au théâtre
“ MARFA. Dieu est bien haut, et le Père est bien loin ! Il ne peut ni diminuer les distances ni hâter le pas de ses soldats ! Les troupes sont en marche, elles arriveront, mais jusque-là il faut résister !... Dût la vie d’un Tartare coûter la vie de dix Sibériens, que ces dix meurent en combattant ! Qu’on ne puisse pas dire que Kolyvan s’est rendue tant qu’il restait un de ses enfants pour la défendre !... ”
“ Sans doute, il comptait au nombre de ces prisonniers que les Tartares entraînaient comme un vil bétail ; mais, en se rapprochant de Tomsk, il se rapprochait aussi d’Irkoutsk. Enfin, il devançait toujours Ivan Ogareff. « J’arriverai ! » se répétait-il. Et, depuis l’affaire de Kolyvan, toute sa vie se concentra dans cette pensée unique : redevenir libre ! Comment échapperait-il aux soldats de l’émir ? Le moment venu, il verrait. Le camp de Féofar présentait un spectacle superbe. De nombreuses tentes, faites de peaux, de feutre ou d’étoffes de soie, chatoyaient aux rayons du soleil. ”
“ Et maintenant Kolyvan est en flammes ! MARFA. – Eh bien, si vous ne pouvez rentrer dans la ville, combattez au-dehors ! Chaque heure gagnée peut donner aux troupes russes le temps de se rallier !... Barricadez ce poste ! Fortifiez-le ! Arrêtez ici cette tourbe ! Tenez encore à l’abri de ces murs !... Mes amis, écoutez la voix de la vieille Sibérienne, qui demande à mourir avec vous, pour la défense de son pays ! SANGARRE, à part. – Non ! ce n’est pas ici que tu mourras. ”
M. A. Poussielgue, Le Tour du monde
“ Après avoir dépassé la petite ville de Kolyvan, le paysage devient de plus en plus désolé : nous parcourons une steppe immense, parsemée de buissons nains, de bruyères et d’ajoncs d’une verdure grisâtre, parmi laquelle font tache de gros cailloux en silex blanc ; puis, à minuit, à la station de Sektinskaïa, on nous prévient que nous allons entrer dans les fameux marais de la Baraba, que nous mettrons deux jours à traverser. D’après les indications qu’on nous avait données, nous nous empressons de mettre nos masques achetés à Tomsk. ”
“ On entend le bruit, sourd encore, de la bataille de Kolyvan. JOLLIVET, entrant par le fond. – L’affaire est chaude ! Une balle dans mon toquet !... Une autre dans ma casaque !... Le ville de Kolyvan va être emportée par ces Tartares ! Enfin, j’aurai toujours la primeur de cette nouvelle... il faut l’expédier à Paris !... Voici le bureau du télégraphe ! (Regardant.) Bon ! l’employé est à son poste, et Blount est au diable !... Ca va bien ! (À l’employé.) Le télégraphe fonctionne toujours ? L’EMPLOYÉ. – Il fonctionne du côté de la Russie, mais le fil est coupé du côté d’Irkoutsk. ”
“ «Et le fil n'est pas coupé? demanda Michel Strogoff.—Il est coupé entre Kolyvan et Krasnoiarsk, mais il fonctionne encore entre Kolyvan et la frontière russe.—Pour le gouvernement?—Pour le gouvernement, lorsqu'il le juge convenable. Pour le public, lorsqu'il paye. C'est dix kopeks par mot.—Quand vous voudrez, monsieur?» ”
“ Alcide Jolivet, depuis le moment où son confrère était tombé près de lui, ne lui avait pas ménagé ses soins. Pendant le trajet de Kolyvan au camp, c’est-à-dire pendant plusieurs heures de marche, Harry Blount, appuyé au bras de son rival, avait pu suivre le convoi des prisonniers. ”
L'expédition de la Jeannette au pôle Nord… (1883)
“ Il faut convenir que ce n'est pas exorbitant, et un prix 'si peu élevé ne peut naturellement exister que dans une contrée où la nourriture des chevaux ne coûte presque rien à leur maître, et où un homme peut vivre avec cinquante centimes par jour. A partir de Kolyvan, le pays prend un aspect plus agréable et moins sauvage. A la longue, je me sentais fatigué de l'extrême monotonie des steppes et de leur manteau de neige étincelante, de leùrs villages 'délabrés et de leurs pics solitaires qui vous lorgnent sur le côté de la route quand vous passez. ”
Ivan Tourgueniev,
Terres vierges
“ Elle se connaît bien elle-même, elle sait qu’elle ressemble à la Madone de Dresde, et elle n’aime absolument personne. Elle se donne les airs d’être toujours occupée de Kolia, et tout ce qu’elle fait, c’est de parler de lui avec des gens d’esprit. Elle ne veut de mal à personne, elle est toute bienveillance ! Mais qu’on vous broie tous les os en sa présence, cela lui sera parfaitement égal ! Elle ne remuera pas le doigt pour vous épargner une torture. ”
Fédor Dostoïevski,
Les Précoces
“ Sauve-toi ! sauve-toi ! crièrent à Kolia les gamins mourants de frayeur. Il était déjà trop tard : le train arriva et passa comme un éclair. Les gamins se précipitèrent vers Kolia. Il restait immobile. On se mit à le secouer et à le soulever. Tout à coup il se releva lui-même et descendit le talus en silence. Quand il fut en bas, il déclara qu’il était resté ainsi sans connaissance pour les effrayer, mais la vérité était qu’il avait bien perdu connaissance comme lui-même l’avoua longtemps, bien longtemps après à sa mère. ”
“ « Pourquoi est-ce que tout est si beau et va si bien dans ma tête, et que tout est si laid et va si mal sur mon papier et, en général, dans ma vie, dès que je veux faire l’application de n’importe laquelle de mes idées ?... » Kolia entra : « Le confesseur est arrivé, dit-il. Veuillez descendre écouter les prières. » Je cachai mon cahier dans le tiroir de ma table, me regardai dans la glace, relevai mes cheveux, ce qui, dans ma pensée, me donnait un air rêveur, et descendis au divan, où les saintes images étaient déjà disposées sur une table recouverte d’une nappe. ”
Ivan Tourgueniev,
Terres vierges
“ Mme Sipiaguine parla de Kolia ; elle commença même par affirmer à Néjdanof que, si elle avait désiré une entrevue avec lui, c’était dans l’unique intention de connaître ses idées sur l’éducation des enfants en Russie. La façon soudaine dont ce désir lui était venu pouvait paraître un peu étrange. Au fond, il s’agissait bien de cela ! La vérité, le mot de l’énigme, c’est qu’un souffle vague, un je ne sais quoi de sensuel était venu l’effleurer, et qu’elle éprouvait le besoin de subjuguer, de courber à ses pieds cette tête indocile... ”
Fédor Dostoïevski,
Les Précoces
“ C’est ainsi que se tourmentait Kolia, tout en s’arrangeant une pose indépendante. Ce qui le tourmentait le plus était sa petite taille, et moins son « dégoûtant visage » que sa taille par trop exiguë. Depuis l’année dernière, il a fait une marque au crayon dans un coin de sa chambre pour marquer sa hauteur, et il vient se mesurer là tous les deux mois avec une bien grande émotion. Hélas ! c’est à peine s’il grandit, et cela le met au comble du désespoir. ”
Fédor Dostoïevski,
Les Précoces
“ La vérité, c’est que Kolia s’efforçait autant qu’il le pouvait à contenir ses sentiments et à ne pas pleurer comme un « gamin ». Il n’y parvenait pourtant pas. — Quand il sera grand il faudra le mettre à la chaîne, je m’y connais. — Il sera très grand, dit un des gamins. — Certainement ; un chien de cette race devient grand comme un veau, firent les autres. — Comme un veau, comme un vrai veau, dit alors le capitaine. J’ai été chercher tout exprès le plus méchant ; ses parents sont aussi très grands et très méchants. Il sera aussi grand que cela... ”
Ivan Tourgueniev,
Terres vierges
“ Kolia, dans sa belle petite veste à boutons d’or, fut le héros de la journée ; on le combla de félicitations et de cadeaux ; sur l’escalier d’honneur et sur l’escalier de service, les ouvriers de fabrique, les dvorovié [3] , les vieilles femmes, les petites filles, vinrent lui baiser la main ; les paysans, suivant la vieille coutume du temps du servage, bourdonnaient confusément devant la maison, autour des tables couvertes de gâteaux et de bouteilles d’eau-de-vie. ”
Fiodor Dostoïevski,
L'Idiot
(1874)
“ « Le fidèle Kolia », comme je l’ai surnommé, a eu aussi, je crois, passablement à souffrir de mon caractère. Dans ces derniers temps, lui-même m’a rendu la pareille : tout cela est naturel ; les hommes n’ont été créés que pour se faire souffrir mutuellement. J’avais remarqué qu’il supportait mon irascibilité comme s’il s’était juré d’être indulgent pour un malade, et, bien entendu, cela m’irritait ; mais il s’était imaginé, paraît-il, d’imiter « l’humilité chrétienne » du prince, ce qui ne laissait pas d’être un peu ridicule. ”
Ivan Tourgueniev,
Terres vierges
“ Néjdanof s’avança à son tour sur les larges marches ; comme il entrait dans l’antichambre, Sipiaguine, qui le cherchait des yeux, le présenta à sa femme, à Marianne et à sa tante, puis il dit à Kolia : « Voici ton précepteur, je te prie de lui obéir ; donne-lui la main. » Kolia tendit timidement la main à Néjdanof, puis le regarda fixement ; mais, ne trouvant apparemment en lui rien de particulier ni d’agréable, il se raccrocha à son « papa ». ”
Ivan Tourgueniev,
Terres vierges
“ « Au fond, Kalloméïtsef a raison ! » Sous l’influence de ces impressions désagréables et irritantes, l’homme d’État en herbe regarda Néjdanof de plus haut et de plus loin que jamais ; il fit savoir à Kolia qu’il pourrait ne pas prendre sa leçon ce jour-là avec son précepteur, car il devait s’accoutumer à se passer de guide... Toutefois, il ne mit pas immédiatement le précepteur à la porte, comme celui-ci le craignait. Il continua d’ignorer son existence. En revanche, Valentine n’ignora pas celle de Marianne. Une terrible scène se passa entre elles deux. ”
Ivan Tourgueniev,
Terres vierges
“ Elle remplissait dans la maison le rôle de menin ou de gouverneur de Kolia ; quand on plaça Néjdanof entre elle et son élève, son visage ridé exprima le mécontentement. Kolia regardait du coin de l’œil son nouveau voisin ; l’intelligent petit garçon devina bientôt que son professeur était embarrassé : — en effet, Néjdanof ne levait pas les yeux et ne mangeait presque pas. Kolia n’en éprouva aucun déplaisir ; il avait toujours eu peur que son professeur ne fût un monsieur sévère et irascible. Valentine aussi regardait Néjdanof. ”
Ivan Tourgueniev,
Terres vierges
“ Sipiaguine racontait à sa femme comment il avait fait sa connaissance, et ce que lui avait confié le prince G... et quels discours ils avaient tenus pendant le voyage. « Un garçon intelligent ! répétait-il, et instruit ! Il est un peu rouge d’opinions, c’est vrai ; mais tu sais que pour moi cela n’a aucune importance ; ces gens-là ont au moins une chose pour eux : ils ont de l’amour-propre. Et puis Kolia est trop jeune ; ces folies ne mordront pas sur lui. » ”
Ivan Tourgueniev,
Terres vierges
“ À dix heures précises, la première leçon commença, en présence de Mme Sipiaguine ; elle s’informa préalablement auprès de Néjdanof pour savoir si elle ne gênerait pas. Et son maintien, pendant tout le temps de la leçon, fut aussi modeste que possible. Kolia se montra intelligent ; après les premières hésitations et les maladresses inévitables, la leçon marcha à souhait. Valentine semblait tout à fait contente du professeur ; elle lui adressa plusieurs fois la parole d’un air fort avenant. Il se tint sur la réserve, mais pas trop. ”
Fédor Dostoïevski,
Les Précoces
“ On remarqua quelques changements dans les rapports de Kolia et de sa mère, après l’événement du chemin de fer. En apprenant l’exploit de son diable de fils, Anna Fédorovna Kropotkine faillit devenir folle de frayeur, et eut de telles crises pendant plusieurs jours que Kolia lui donna sa parole d’honneur qu’il ne recommencerait jamais. Il le jura à genoux devant les images et sur la mémoire de son père, comme sa mère l’avait exigé. Le « viril » Kolia pleura comme un enfant, et pendant tout un jour, la mère et le fils ne firent que s’embrasser et pleurer. ”
Émile-Cyprien Driant, Petit marsouin : histoire d'une famille de soldats… (1904)
“ Kolwitz tourna alors son rictus vers le général Brière de l'Isle. — C'était perfête, dit-il; je constaté que la courtoisie françèse elle était bas,. bien bas!. Notre « Wolseley », loui, il était courtois; beaucoup courtois, général! Et, tirant son claque, qu'il ouvrit d'un geste sec et hautain, Kolwitz gagna la porte. Quand il eut disparu : — Vous auriez peut-être mieux fait de me raconter tout cela à partavant le dîner, au lieu de l'aplatir comme cela devant moi, dit le général à Georges; car il ne nous pardonnera point cela et va nous éreinter dans ses journaux. ”
Fédor Dostoïevski,
Les Frères Karamazov
(1923)
“ Lorsque Kolia alla au collège, sa mère se mit à étudier toutes les matières, afin de l’aider à faire ses devoirs ; elle lia connaissance avec les professeurs et leurs femmes, cajola même les camarades de son fils, pour éviter qu’on se moquât de lui ou qu’on le battît. Ce fut au point que les écoliers commencèrent vraiment à se moquer de Kolia, à taquiner « le petit chéri à sa maman ». Mais le garçon sut se faire respecter. ”
“ Je jetai ma craie et mon livre et me mis à arpenter la chambre. Mais je me rappelai que nous devions nous confesser dans la journée et qu’il fallait s’abstenir de tout ce qui est mal ; je devins tout à coup d’une humeur spéciale, toute bénigne, et je m’approchai de Kolia. « Attends, Kolia, je vais t’aider, » dis-je en m’efforçant de prendre une voix très douce ; l’idée que j’agissais bien en surmontant mon irritation et en aidant Kolia avait encore augmenté ma douceur. Le mastic était enlevé, les clous redressés, mais Kolia avait beau tirer de toutes ses forces, le châssis ne bougeait pas. ”
Fiodor Dostoïevski,
L'Idiot
(1874)
“ Et il se dispose à plaider encore pour quelqu’un. Vous êtes, je crois, le prince Muichkine ? Kolia m’a dit n’avoir jamais rencontré d’homme plus intelligent que vous dans le monde... — Non, non, il n’y a pas d’homme plus intelligent dans le monde ! s’empressa de confirmer Lébédeff. — Cette opinion n’a peut-être aucune importance. L’un vous aime et l’autre vous cajole ; moi, je n’ai nullement l’intention de vous flatter, soyez-en convaincu. Mais vous n’êtes pas dépourvu de sens : eh bien, soyez juge entre lui et moi. Allons, veux-tu que nous prenions le prince pour arbitre ? ”
