“ Tu veux bien, toi, diplomate ? Regarde sa figure, il s’est épanoui dès qu’on a parlé de la tante. — Je ne le lui défends pas, poursuivit Dmitri en se levant et en marchant de long en large sans me regarder ; mais je l’engage à ne pas y aller, je l’en prie. Ce n’est plus un enfant et, s’il en a envie, il peut y aller seul, sans vous. Tu devrais avoir honte, Doubkof ; parce que tu fais mal, tu voudrais entraîner les autres. — Qu’y a-t-il de mal, dit Doubkof en faisant signe de l’œil à Volodia, à vous inviter tous à venir prendre une tasse de thé chez la tante ? ”
Léon Tolstoï
Résumé
Léon Tolstoï, dans Jeunesse, explore les débuts de la vie adulte à travers les émotions tumultueuses d’un adolescent, Volodia, et ses relations complexes avec les figures familiales comme son père, sa grand-mère ou sa belle-mère. L’œuvre, publiée en 1870, mêle réflexions sur l’amour, l’éducation et la quête d’idéal, illustrée par des dialogues percutants et des scènes intimes.
Les thèmes de l’attachement, de la jeunesse et de la transition vers l’âge adulte s’articulent autour de personnages comme Dmitri ou Ikonine, dans un cadre où les sentiments sont souvent marqués de contradictions. La citation sur l’amour comme « recherche de la perfection » révèle le cœur de cette introspection.
Citations de Jeunesse (Léon Tolstoï)
“ Elle m’aime, je donne toute ma vie pour une seule minute de son amour. Mais la lune, dans le ciel, est de plus en plus haute, de plus en plus brillante ; l’éclat resplendissant de l’étang, augmentant comme un son qui enfle, devient de plus en plus éblouissant, les ombres sont de plus en plus noires, la lumière de plus en plus transparente, je regarde et j’écoute, et quelque chose me dit qu’elle, avec ses bras nus et ses ardeurs, il s’en faut de beaucoup que ce soit le bonheur parfait ; que l’amour pour elle est infiniment loin d’être le bien parfait ”
“ Je n’y ai jamais vu qu’un mensonge, dans lequel le sentiment proprement dit est tellement embrouillé avec les questions d’attrait physique, de relations conjugales, de fortune, d’envie de se lier ou se délier les mains, qu’il était impossible de s’y reconnaître. Je veux parler de l’amour de la créature humaine pour les autres créatures ; de l’amour qui, selon le plus ou moins de vigueur de l’âme, se concentre sur un seul individu, se partage entre plusieurs ou s’épanche sur beaucoup ; de l’amour pour sa mère, son père, son frère, ses enfants, son camarade, son amie, son compatriote ”
