Léon Tolstoï,
Souvenirs : Jeunesse
“ Doubkof avait une robe de chambre de soie et des pantoufles. Volodia avait ôté sa tunique et était assis en face de lui sur le divan. On voyait, à son visage enflammé et au regard rapide qu’il nous jeta, que le jeu l’absorbait. En m’apercevant, il devint encore plus rouge. « À toi de donner, » dit-il à Doubkof. Je devinai qu’il lui était désagréable que je susse qu’il jouait. Toutefois sa physionomie n’exprimait point l’embarras. Elle disait : « Eh bien ! oui, je joue ; cela ne t’étonne que parce que tu es encore jeune. À notre âge, non seulement ça n’est pas mal, mais c’est indispensable. » ”
