Résumé

Portrait de Léon Tolstoï Léon Tolstoï Enfance et Adolescence : Edition spéciale pour la jeunesse revue par l'auteur (1886)

MAMAN ET PAPA
Maman était assise au salon et préparait le thé; d'une main elle refermait le robinet du samovar, et de l'autre elle maintenait en équilibre au-dessus la théière d'où l'eau débordait sur le plateau, sans que ma mère y prit garde, bien que ses yeux fussent fixés sur l'urne à thé. Elle ne remarqua pas non plus notre entrée au salon.
Lorsque la pensée évoque les traits d'un être aimé, les souvenirs du passé l'assaillent, en foule si pressée, que son visage nous apparaît confusément, comme au travers de larmes. Ce sont les larmes de l'imagination.
Source : Gallica

Portrait de Léon Tolstoï Léon Tolstoï Enfance et Adolescence : Edition spéciale pour la jeunesse revue par l'auteur (1886)

Les êtres capables d'aimer fortement sont seuls capables de ressentir de si fortes douleurs; mais ce besoin d'aimer est pour eux un antidote contre la douleur et finit par les guérir.
C'est pourquoi la nature morale de l'homme est plus vivace que sa nature physique; la douleur ne tue pas.
Au bout d'une semaine, grand'mère put pleurer, et les larmes la soulagèrent. Sa première pensée, en revenant à elle, fut pour nous, et l'amour qu'elle nous portait grandit encore. Nous ne quittions plus son fauteuil; elle pleurait doucement en nous parlant de maman et en nous comblant de caresses.
Source : Gallica

Portrait de Léon Tolstoï Léon Tolstoï Enfance et Adolescence : Edition spéciale pour la jeunesse revue par l'auteur (1886)

Katienka se tenait à côté de sa mère, et, bien que son jeune visage eût les traits allongés, il était rose et frais comme de coutume.
La nature ouverte de Volodia était franche jusque dans la douleur; il était tour à tour pensif, les regards fixés sur un objet quelconque, ou ses lèvres s'allongeaient dans une courbe, et il se mettait à se signer et se prosternait à la hâte.
Toutes les personnes étrangères qui assistaient au service funèbre m'étaient insupportables. Les phrases de condoléance qu'elles débitaient à mon père : « elle sera plus heureuse dans le ciel que sur cette terre. »
Source : Gallica

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