“ Il a dit à grand’mère que je suis lâche, et maintenant elle est malade, elle mourra à cause de moi, moi... avec... lui... au nom de Dieu, fouette-moi, au nom de Dieu, pourquoi... me... tour... mente-t-on ? Les larmes m’étouffaient, je m’assis sur le divan, et n’ayant plus la force de parler, je laissai tomber ma tête sur les genoux de papa en sanglotant comme si je devais en mourir. — Qu’as-tu, mon gros ? — dit papa avec compassion en se penchant vers moi. — Il est mon tyran... mon persécuteur... je mourrai... personne ne m’aime ! ”
Résumé
“Adolescence”, est une œuvre de Léon Tolstoï. Des thèmes tels que la grand'mère, Saint-Jérôme ou Lubotchka y sont abordés.
Citations de Adolescence (Léon Tolstoï)
“ Et en effet, dans le phaéton, à côté de SaintJérôme est assis Volodia, mais il n’est déjà plus en frac bleu et en chapeau gris, mais en uniforme d’étudiant, avec un col bleu brodé, un tricorne et l’épée dorée au côté. — Que n’es-tu vivante ! — exclame grand’mère en apercevant Volodia en uniforme, et elle s’évanouit. Volodia, le visage joyeux, court dans l’antichambre, il embrasse moi, Lubotchka, Mimi et Katenka qui rougit jusqu’aux oreilles. Volodia ne se connaît plus de joie. Ah ! comme il est beau dans cet uniforme ! Comme le col bleu sied bien à ses petites moustaches noires, naissantes ! ”
“ Et Macha pleurera aussi, et moi je dirai : « Vassili ! je sais que tu l’aimes et qu’elle t’aime. Eh bien ! te voilà mille roubles, marie-toi avec elle, et que Dieu te donne le bonheur ». Et moi-même je m’en irai dans le divan. Parmi la quantité innombrable d’idées et de rêves qui passent sans laisser aucune trace dans l’esprit et dans l’imagination, il s’en trouve qui laissent une vibration profonde, sensible, si bien que, sans se rappeler le sens de la pensée, on se souvient qu’il y avait quelque chose de bon dans la tête, on sent la trace de la pensée et on tâche de la faire renaître. ”
“ Les fillettes, surtout Katenka, avec un visage joyeux, rayonnant, regardent par la fenêtre la silhouette élégante de Volodia qui monte dans la voiture ; papa dit : « Dieu veuille, Dieu veuille, » et grand’mère qui s’est traînée jusqu’à la fenêtre, les larmes aux yeux, fait des signes de croix sur Volodia, jusqu’à ce que le phaéton disparaisse derrière le coin d’une petite ruelle, et elle murmure quelque chose. Volodia revient. Tous, impatients, l’interrogent : « Eh bien ? Quoi ? Bon ? Combien ? » Mais rien qu’à sa figure rayonnante on voit que c’est très bien, Volodia a eu cinq. ”
“ Un cocher déguenillé, conduisant au galop, agite les extrémités des guides, et rattrape notre traîneau ; nous éclatons de rire. Le fouet de Philippe s’accroche à l’arc du traîneau, lui en se retournant crie : eh ! et nous mourons de rire. Mimi, d’un air mécontent, dit qu’il n’y a que les sots qui rient sans cause, et Lubotchka, toute rouge de l’effort qu’elle fait pour se retenir, me regarde en dessous, nos yeux se rencontrent et nous éclatons d’un tel rire homérique, que des larmes se montrent dans nos yeux, et nous ne pouvons retenir l’éclat de rire qui nous étouffe. ”
“ J’étais sans doute effrayant en ce moment, parce que Saint-Jérôme, en évitant mon regard, s’approcha rapidement de moi et me saisit par la main ; mais aussitôt que je sentis le contact de sa main, perdant toute conscience, et oubliant tout, de fureur, j’arrachai ma main, et de toutes mes forces d’enfant, je le frappai. — Qu’as-tu ? — dit en s’approchant de moi Volodia qui, avec horreur et étonnement, avait vu mon acte. — Laisse-moi ! — lui criai-je à travers mes larmes ; — personne de vous ne m’aime, et vous ne comprenez pas comme je suis malheureux ! Vous êtes tous méchants et odieux ! ”
“ « Bon. » Quand le sergent apporta le madère et que nous eûmes bu un petit verre, je lui pris la main et lui dis : « Monsieur le sergent, vous avez peut-être, vous aussi, un père et une mère ? » Il répondit : « Oui, monsieur Mayer. » — « Mon père et ma mère, — dis-je, — ne m’ont pas vu depuis huit ans, ils ne savent pas si je suis vivant où si mes os sont depuis longtemps dans la terre humide. Oh ! monsieur le sergent, j’ai deux louis cousus dans ma flanelle, prenez-les et laissez-moi partir. Soyez mon bienfaiteur, et maman, toute sa vie, priera pour vous le Dieu puissant. » ”
“ Papa commencera à me prier, mais je ferai ce geste de la main et lui dirai : « Mon ami, mon bienfaiteur, nous ne pouvons vivre ensemble, laisse moi. Et je l’embrasserai et lui dirai, je ne sais pourquoi, en français : « Ô mon père, ô mon bienfaiteur ! donne-moi pour la dernière fois ta bénédiction et que la volonté de Dieu soit faite ! » Et assis sur le coffre, dans le cabinet noir, je sanglotai à cette pensée. Mais subitement, je me rappelai la punition ignominieuse qui m’attendait, la réalité se présenta à moi, sous son vrai jour, et momentanément, mes rêves s’évanouirent. ”
“ Je tâche de paraître original ; la seule chose qui me console, c’est qu’une fois papa a dit de moi, que j’ai un museau intelligent, et je le crois fermement. Saint-Jérome est content de moi, me loue, et non seulement je ne le déteste pas, mais quand il dit parfois : qu’avec mes capacités et mon intelligence, c’est une honte de ne pas faire ceci ou cela, il me semble même que je l’aime. Mes observations dans la chambre des bonnes ont cessé depuis longtemps, j’ai honte de me cacher derrière les portes et, en outre, la conviction de l’amour de Macha pour Vassili m’a, je l’avoue, refroidi un peu. ”
“ D’un excès d’amour-propre, mon cher, — dit Doubkov d’un ton protecteur. — Quel excès d’amour-propre ? — répondit Nekhludov frappé au vif. — Au contraire, je suis timide parce que j’ai trop peu d’amour-propre et que je pense toujours que je suis désagréable, ennuyeux ; c’est pourquoi... — Habille-toi donc, Volodia, — dit Doubkov en l’attrapant par les épaules et en lui enlevant son veston. — Ignace, habille ton maître. — Cela m’arrive souvent... — continuait Nekhludov. Mais Doubkov ne l’écoutait déjà plus. Il chantait : « Tra lala la la la... » sur un air quelconque. ”
“ Je passais des heures entières sur le palier de l’escalier, sans aucune pensée, en écoutant attentivement, le moindre mouvement qui se faisait en haut, mais je ne pouvais jamais me résoudre à imiter Volodia, bien que je le désirasse le plus au monde. Parfois, caché derrière la porte, avec un pénible sentiment de jalousie et d’envie, j’écoutais les mouvements qui se faisaient dans la chambre des servantes et il me venait en tête : quelle serait ma situation si j’allais en haut, et voulais, comme Volodia, embrasser Macha ? ”
“ Au premier moment, de surprise et de fureur, Saint-Jérôme ne put prononcer un mot. — C’est bien — dit-il en m’attrapant ; — plusieurs fois déjà je vous ai promis la punition que votre grand’mère aurait voulu vous épargner, mais maintenant je vois que sans les verges on ne peut vous faire obéir, et aujourd’hui, vous les avez tout à fait méritées. Il prononça ces paroles si haut, que tous les entendirent. Le sang ; avec une force extraordinaire, reflua à mon cœur, je le sentis battre violemment, je sentis mon visage changer de couleur, et mes lèvres trembler. ”
“ Karl Ivanovitch me regarda et de nouveau se détourna, mais dans le regard rapide qu’il jeta sur moi, je lus, non l’indifférence, par laquelle je m’expliquais sa froideur, mais une tristesse sincère, concentrée. — Dieu voit tout et sait tout, en tout est sa sainte volonté, — prononça-t-il en se redressant de toute sa taille et en soupirant profondément. — Oui, Nikolenka, — continua-t-il en remarquant l’expression de sympathie réelle avec laquelle je le regardais : — mon sort est d’être malheureux depuis l’enfance même, jusqu’aux planches du cercueil. ”
“ J’aimais Karl Ivanovitch, je me le rappelais depuis moi-même, et j’étais habitué à le considérer comme un membre de la famille, mais Saint-Jérôme était un orgueilleux, très fat, pour lequel je ne sentais rien, sauf ce respect involontaire que m’inspiraient tous les grands. Karl Ivanovitch était un vieillard drôle, un diatka, que j’aimais de tout mon cœur, mais que dans mon idée enfantine, je plaçais cependant au-dessous de moi, quant à la condition sociale. Saint-Jérôme, au contraire, était un jeune homme élégant, joli, instruit et qui tentait d’être sur un pied d’égalité avec nous. ”
“ Il semblait très timide, car la moindre chose le faisait rougir jusqu’aux oreilles, mais sa timidité ne ressemblait pas à la mienne ; plus il rougissait, plus son visage exprimait de résolution, comme s’il se fâchait contre lui-même pour sa faiblesse. Bien qu’il semblât très ami avec Doubkov et Volodia, il était évident que seul le hasard les avait unis. Leurs opinions étaient tout à fait différentes : Volodia et Doubkov avaient peur de tout ce qui ressemblait aux raisonnements et à la sentimentalité. ”
“ Saint-Jérôme, en bombant sa poitrine et en faisant un geste majestueux de la main, d’une voix tragique criait : « À genoux, mauvais sujet ! » Il nous ordonnait de nous mettre à genoux, le visage vers lui, et de lui demander pardon. La punition était en même temps l’humiliation. On ne me punit pas et personne même ne me rappela ce qui s’était passé, mais je ne pouvais oublier ce que j’avais éprouvé pendant ces deux jours, le désespoir, la honte, la peur, la haine. ”
“ Tout le temps que le corps de grand’mère est dans la maison, j’éprouve le sentiment pénible de la peur de la mort, c’est-à-dire que le cadavre me rappelle très vivement et péniblement qu’un jour viendra où moi aussi je mourrai, sentiment qu’on est habitué à confondre avec la tristesse. Je ne regrette pas grand’mère, et à dire vrai, à peu près personne ne la regrette. Bien que la maison soit pleine d’invités en deuil, personne n’est triste de sa mort, sauf une personne dont la douleur désespérée me frappe plus que je ne saurais le dire. Cette personne c’est la femme de chambre Gacha. ”
“ Que répondrais-je si avec mon nez large, mes mèches hérissées, elle me demandait : « Que voulez-vous ? » Plusieurs fois, j’avais entendu Macha dire à Volodia. : « En voilà une punition, qu’est-ce que vous voulez de moi, allez-vous en d’ici, polisson... Pourquoi Nikolaï Petrovitch ne vient-il pas ici et ne fait-il pas de bêtises ? » Elle ne savait pas que Nikolaï Petrovitch, en ce moment même, était sous l’escalier, prêt à donner tout au monde pour être seulement à la place du polisson Volodia. ”
“ GRAINS DE PLOMB — Mon Dieu, de la poudre !... — exclama Mimi d’une voix suffocante d’émotion. — Que faites vous ? Vous voulez brûler la maison et nous détruire tous... Et avec une expression de courage indescriptible, Mimi ordonna à tout le monde de s’éloigner, s’approcha à grands pas résolus des grains de plomb éparpillés, et méprisant le danger qui pourrait provenir d’une explosion subite, elle se mit à les écraser du pied. ”
“ Dans ces moments, où la pensée ne discute pas d’avance chaque impulsion de la volonté, et quand pour seul ressort de la vie, restent les instincts de la chair, je comprends que l’enfant qui, par l’inexpérience, est surtout enclin à un tel état, sans aucune hésitation et sans aucune peur, avec un sourire de curiosité, allume et souffle le feu sous sa propre maison, dans laquelle dorment ses frères, son père, sa mère, qu’il aime tendrement. ”
“ Je ne puis, — prononçai-je, et les sanglots contenus, amassés dans ma poitrine, renversèrent subitement l’obstacle qui les retenait et éclatèrent en un courant terrible. — C’est ainsi que vous obéissez à votre seconde mère, c’est ainsi que vous reconnaissez ses bontés, — dit Saint-Jérôme d’une voix tragique, — à genoux. — Mon Dieu, si elle voyait cela ! — fit grand’mère en se détournant de moi pour essuyer les larmes qui se montraient. — Si elle voyait... tout est pour le mieux. ”
“ On m’a toujours payé par le mal le bien que j’ai fait aux hommes, et ma récompense n’est pas ici-bas, mais là-haut, — fit-il en montrant le ciel. — Si vous connaissiez mon histoire et tout ce que j’ai souffert dans cette vie !... J’ai été cordonnier, j’ai été soldat, j’ai été déserteur, j’ai été fabricant, j’ai été précepteur, et maintenant je suis zéro, et pour moi comme pour le fils de Dieu, il n’y a où poser la tête, — conclut-il, et, fermant les yeux, il se laissa tomber dans son fauteuil. ”
“ Il me semblait que Mimi et Katenka tant qu’elles vivraient resteraient toujours avec nous et partageraient tout également ; autrement, c’était impossible. Et maintenant des milliers de pensées nouvelles, confuses, sur leur situation isolée, naissaient dans ma tête, et je me sentis si gêné de ce que nous étions riches et elles pauvres, que je rougis et n’osai regarder Katenka. « Qu’est-ce que cela peut faire que nous soyons riches et elles pauvres ? » — pensai-je ; — « et pourquoi en résulte-t-il la nécessité de la séparation ? Pourquoi ne pas partager également ce que nous avons ? » ”
“ Cette ressemblance n’était ni dans le visage, ni dans la stature, mais dans quelque chose d’insaisissable, dans les mains, dans la manière de marcher et surtout dans la voix et dans quelques expressions. Quand Lubotchka se fâchait et disait : « Il y a un siècle entier qu’on ne me laisse pas » ces mots : il y a un siècle entier, que maman avait l’habitude de dire, elle les prononçait d’une telle façon, en traînant un siècle entier, qu’on croyait entendre maman. Mais la plus extraordinaire ressemblance était dans son jeu au piano et dans toutes ses attitudes en jouant ”
“ Toute mon attention se portait sur le poteau que j’apercevais de loin et sur les nuages, dispersés auparavant dans le ciel, et qui, maintenant, en prenant des teintes sombres, menaçantes, se réunissaient en un grand nuage noir. De temps en temps, un coup de tonnerre retentissait au loin. Cette dernière circonstance augmentait surtout mon impatience d’arriver plus vite à l’auberge. L’orage m’a toujours produit un sentiment indéfinissable de tristesse et de peur. ”
“ Bien que mon opinion sur ce point fût déjà faite, je me sentis tellement embarrassé à cette question inattendue que je ne répondis pas tout de suite. — Je crois que oui — dis-je en sentant ma voix trembler, et la rougeur couvrir mon visage à la pensée qu’il était temps de leur prouver que j’étais intelligent. — Je pense que chaque homme a de l’amour-propre, et que tout ce que fait l’homme, il le fait par amour-propre. — Alors, selon vous, qu’est-ce que l’amour-propre ? — dit Nekhludov avec un sourire qui me sembla légèrement méprisant. ”
“ L’éclair s’allume comme dans la britchka elle-même, aveugle le regard, et pour un moment, illumine le drap gris, les galons, et Volodia pelotonné dans le coin. Dans la même seconde, au-dessus de notre tête, éclate un bruit formidable qui, s’élevant de plus en plus haut, s’étendant de plus en plus loin, comme sur une énorme spirale, augmente peu à peu, et se transforme en un roulement assourdissant qui, malgré nous, nous fait tressaillir et arrête notre respiration. ”
“ Nous nous entretenons tantôt de la vie future, des arts, du service, du mariage, de l’éducation des enfants, et jamais il ne nous vient en tête que tout ce que nous disons est terriblement absurde. Cela ne nous venait pas en tête parce que l’absurde que nous disions était un absurde intelligent et agréable, et que pendant la jeunesse on apprécie encore l’esprit, on croit en lui. ”
“ Pendant que Volodia récitait avec l’aisance et l’assurance des gens qui savent bien leur leçon, moi, sans aucun but, je sortis sur l’escalier, et comme je ne pouvais aller en bas, alors, tout naturellement, sans le remarquer moi-même, je me suis trouvé sur le palier. Mais à peine m’étais-je installé à mon poste ordinaire d’observations — derrière la porte — que subitement Mimi, qui était toujours la cause de mes malheurs, tombait sur moi : « Vous, ici ? » dit-elle en me regardant sévèrement puis en regardant la porte de la chambre des bonnes et enfin, en me regardant de nouveau. ”
“ « C’était un brave garçon, » prononce papa avec les larmes aux yeux. — Oui, répond Saint-Jérôme, mais un grand polisson » — « Vous devriez respecter les morts, dit papa, vous êtes cause de sa mort : vous l’avez effrayé, il ne pouvait supporter l’humiliation que vous lui prépariez. Sortez, canaille ! » Et Saint-Jérôme tombe à genoux, pleure et demande pardon. Après quarante jours, mon âme s’envolera au ciel. ”
“ Plus souvent que les autres, venaient chez Volodia l’aide de camp Doubkov et un étudiant, le prince Nekhludov. Doubkov était un petit brun sanguin, qui n’était déjà plus de la première jeunesse ; bien qu’ayant les jambes courtes, il n’était pas mal de sa personne, et il était toujours gai. C’était une de ces personnes bornées qui sont surtout agréables par cela même qu’elles sont bornées, qui ne peuvent voir les choses de divers côtés et qui sont toujours enthousiastes. Les raisonnements de tels hommes sont toujours très étroits et erronés, mais eux-mêmes sont toujours sincères et satisfaits. ”
“ En me rappelant mon adolescence, et surtout l’état d’esprit dans lequel je me trouvais dans ce jour néfaste pour moi, je comprends très nettement la possibilité du crime le plus terrible sans aucun but, sans le désir de nuire, mais comme ça, par curiosité, par besoin inconscient d’agir. À certains moments, l’avenir se présente à un homme sous un jour si sombre qu’il craint, s’il y arrête ses pensées, que l’activité de l’esprit ne cesse absolument en lui, et qu’il tâche de se convaincre qu’il n’y aura pas d’avenir, qu’il n’y a pas de passé. ”
“ Silencieusement il lui prit la tête et se mit à embrasser son front et ses yeux avec une tendresse que je n’avais jamais vue en lui. — Ah ! mon Dieu ! tu pleures ? — fit soudain Lubotchka en laissant tomber de ses mains la chaîne de sa montre, et en fixant sur lui de grands yeux étonnés. — Je te demande pardon, mon cher petit papa, j’ai oublié tout à fait que c’est le morceau de maman. ”
“ Il va sans dire que sous l’influence de Nekhludov, j’adoptai involontairement sa direction, dont l’essence était l’adoration enthousiaste d’un idéal de vertu, et la conviction que la destinée de l’homme est dans son perfectionnement incessant. À cette époque, corriger toute l’humanité, détruire tous ses vices et ses maux me semblait chose très facile à exécuter, aussi facile et aussi simple que de se corriger soi-même, de s’adapter toutes les vertus, d’être heureux... Et pourtant Dieu seul sait, si ces rêves de la jeunesse étaient ridicules, et qui est coupable de leur non réalisation ! ”
Termes fréquents
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