“ Je serai assis dans le cabinet et je fumerai ma pipe. Macha traversera la cuisine en tenant un fer à repasser. Je dirai : « Envoyez-moi Macha. » Elle entrera. Nous serons seuls...... Tout à coup Vassili entre. En apercevant Macha, il crie : « Mon petit pigeon est perdu ! » et Macha se met à pleurer. Mais je dis : « Vassili ! je sais que tu l’aimes et qu’elle t’aime. Voilà 1000 roubles pour toi ; épouse-la et sois heureux. » Et je m’en irai dans le divan. » Parmi les innombrables idées et rêvasseries sans suite qui traversent notre esprit, il s’en trouve qui y laissent des sillons profonds. ”
Macha
Définition et enjeux
Le concept de « Macha » désigne souvent une figure féminine centrale dans des récits domestiques ou émotionnels. Léon Tolstoï l’explore comme un personnage à la fois proche et complexe, oscillant entre la familiarité (« Macha traversera la cuisine ») et l’intensité émotionnelle (« Mon cœur battit avec violence »).
D’autres auteurs, comme Alphonse Daudet ou Paul Adam, ont également intégré ce nom dans des contextes variés, soulignant sa résonance dans la littérature européenne. Les thèmes associés, comme Vassili ou Katia, révèlent un cadre relationnel et social.
Citations sur “Macha”
“ Macha oubliait de nous rappeler qu’il était tard ; nous causions de toutes sortes de choses, assez futiles d’ailleurs, restant assis près les uns des autres, sans nous douter nous-mêmes le moins du monde qu’il fût trois heures du matin. ”
Léon Tolstoï,
Pages choisies des auteurs contemporains…
“ Serge Mikhaïlitch, nu-tête, était assis sur un tronc d’arbre, et les yeux demi-clos, la tête inclinée, il murmurait quelque chose. J’entendis ce murmure et je tressaillis de joie : « Mâcha, ma chère Mâcha ! » Mon cœur battit avec violence, tandis qu’une émotion inconnue et presque défendue s’emparait de moi. Je chancelai comme si j’avais été ivre et poussai un léger cri ; il m’entendit, me regarda tout effaré et rouge. Cependant il sourit, et je lui rendis son sourire. Ses yeux, qui devenaient de plus en plus brillants, exprimaient une ineffable tendresse. ”
“ Une personne en souliers montait l’escalier en sens inverse. Naturellement, j’eus envie de voir qui c’était, mais les pas cessèrent tout à coup et j’entendis la voix de Macha : « Allons, pas de bêtise...... Marie Ivanovna vient !.... ce serait une belle affaire ! — Elle ne vient pas, » murmura la voix de Volodia, et j’entendis une lutte, comme si Volodia essayait de la retenir. « Voulez-vous bien ôter vos mains, polisson ! » et Macha passa en courant devant moi. Son fichu arraché était tout de travers et l’on voyait son cou blanc et plein. ”
“ Par les fenêtres ouvertes on découvrait les lumineux aspects d’une nuit d’été. Partout régnait le calme le plus parfait, que troublaient seuls par intervalles le craquement des pas de Macha dans le salon qui n’était point éclairé, ainsi que le cheval de Serge Mikaîlovitch qui, attaché sous une des croisées, s’ébrouait et écrasait les bordures sous ses sabots. ”
“ Je m’acculai contre le mur et fus sur le point de jeter un cri, mais la chauve-souris, tout aussi sourdement, s’échappa de dessous notre abri et alla se perdre dans les ombres du jardin. — Que j’aime votre Pokrovski, dit Serge Mikaïlovitch en interrompant la conversation... On voudrait pour toute la vie s’arrêter sur cette terrasse ! — Eh bien, répliqua Macha, arrêtez-vous-y. — Ah oui ! s’arrêter ; la vie, elle ne s’arrête pas ! — Pourquoi ne vous mariez-vous pas ? continua Macha. Vous auriez fait un excellent mari ! ”
Léon Tolstoï,
Étapes d'une vie
(1935)
“ Il l'embrassa de nouveau, et, s'efforçant de dominer son trouble, il fit son mouvement d'épaules habituel et sortit par la porte du couloir qui menait à la chambre de Volodia. — Voldemar, es-tu prêt ? cria-t-il en s'arrêtant au milieu du couloir. A ce moment, Macha, la femme de chambre, passait. Quand elle aperçut le barine, elle s'inclina et voulut faire un détour. — Et toi? tu deviens chaque jour plus jolie? fit-il en l'arrêtant et se penchant vers elle. Macha rougit et baissa encore plus la tête. ”
“ Macha, en me jetant un sourire, ordonna d’apporter des pêches et des cerises qu’il aimait beaucoup, puis elle s’étendit sur le banc et s’assoupit. J’arrachai une branche de tilleul, dont les feuilles et l’écorce ruisselaient de sève, et, tout en éventant Macha, je continuai ma lecture, non sans me détourner à tout instant pour surveiller le chemin des champs par où il devait arriver. Quant à Sonia, assise sur une vieille racine de tilleul, elle édifiait un berceau de verdure pour sa poupée. La journée était très-chaude, sans vent ; on était comme dans une étuve ”
“ Tout comme dans le vieux temps nous causons encore paisiblement, Macha et moi, assises dans le salon, et nous parlons de lui. Mais Macha fronce le sourcil, son teint jaunit, ses yeux ne brillent plus de contentement et d’espérance, ils expriment une tristesse sympathique et presque de la compassion. Nous ne nous extasions plus sur son compte, comme par le passé, nous le jugeons maintenant ; nous n’admirons plus comment et combien nous sommes heureux, et nous ne sentons plus le besoin de raconter au monde entier, comme par le passé aussi, tout ce que nous pensons ”
“ La poussière et la chaleur envahissaient tout à l’exception de notre petit coin favori du jardin. De tous côtés cependant, au sein de cette chaleur et de cette poussière, aux feux de ce soleil ardent, un peuple de travailleurs jasait, plaisantait et se mouvait. Moi, je contemplais Macha, qui dormait doucement sur notre banc si frais, abritée sous son mouchoir de batiste, les cerises bien noires et au suc juteux sur cette assiette, nos robes légères et éblouissantes de propreté, dans la carafe l’eau limpide où jouaient les rayons irisés du soleil, et j’éprouvais un singulier bien-être. ”
“ Que répondrais-je si avec mon nez large, mes mèches hérissées, elle me demandait : « Que voulez-vous ? » Plusieurs fois, j’avais entendu Macha dire à Volodia. : « En voilà une punition, qu’est-ce que vous voulez de moi, allez-vous en d’ici, polisson... Pourquoi Nikolaï Petrovitch ne vient-il pas ici et ne fait-il pas de bêtises ? » Elle ne savait pas que Nikolaï Petrovitch, en ce moment même, était sous l’escalier, prêt à donner tout au monde pour être seulement à la place du polisson Volodia. ”
Anna Nikitična Annenskaâ, La soeur aînée (1894)
“ Liou-botchka répondait aux caresses et aux questions des dames par le silence et les larmes, et profitait de toute occasion pour se cacher derrière les caisses de fleurs ou les portes. Quant à Macha, elle eût volontiers, dans un autre moment, observé toute cette foule de gens qu'elle ne connaissait pas; elle n'était pas sauvage et aimait la société; mais ce jour-là elle était tourmentée par l'idée du pauvre Léon, enfermé dans un cabinet obscur, et en outre il lui était fort désagréable d'entendre ce que Glafira Pétrovna disait d'elle aux convives. ”
Léon Tolstoï,
Revue des Deux Mondes
“ dit la fille du maître de poste en s’écartant vivement ; elle qui était si belle, voilà ce qu’il en reste : c’est à faire peur ! Tu as vu, tu as vu, Aksioucha ? — Oui, et comme elle est maigre ! Allons regarder encore, comme si nous allions au puits. Elle s’est retournée, j’ai encore vu ! Quelle pitié, Macha ! — Oui, et quelle crotte ! repartit Macha. Toutes deux revinrent en courant vers la porte. — Je dois être bien effrayante, pensa la malade. Ah ! passer la frontière, plus vite, plus vite ! je me rétablirai promptement là-bas... ”
“ Il va sans dire que l’héroïne de ce roman était Macha. Elle était éprise de Vassili, qui l’avait connue avant qu’elle fût chez nous et lui avait promis à cette époque de l’épouser. Le sort les avait réunis de nouveau, après une séparation de cinq années, dans la maison de ma grand’mère, mais c’était pour opposer un obstacle à leur passion mutuelle en la personne de Kolia, le propre oncle de Macha. Kolia ne voulait pas entendre parler d’un mariage entre sa nièce et Vassili, qu’il traitait d’homme sans bon sens et effréné. ”
“ Un soir j’entendis dire à l’intendant, qui en faisait le rapport à Macha, qu’un paysan, Simon, était venu demander une volige pour le cercueil de sa fille, et en argent un rouble pour son office mortuaire, et qu’il le lui avait donné. — Est-ce qu’ils sont si pauvres ? demandai-je. — Très-pauvres, mademoiselle, ils vivent sans sel [3] , répondit l’intendant. ”
Anna Nikitična Annenskaâ, La soeur aînée (1894)
“ Je finirai par m'y faire, répliqua le garçon. 1 Macha pleura toute la soirée à l'idée de se séparer de son frère. Son chagrin fâchait Léon. — Je ne comprends pas, lui disait-il, comment tu peux regretter Fédia ! C'est tout simplement un garçon servile, qui courtise quiconque est riche. — Ce n'est pas vrai, Léon, s'écria Macha en prenant chaleureusement la défense de son frère. Il n'est pas du tout tel que tu le dis. ”
Anna Nikitična Annenskaâ, La soeur aînée (1894)
“ Pauvre, pauvre Léon ! pensa Macha, après avoir lu cette lettre, en sentant les larmes lui venir aux yeux ; il faut qu'il ait été bien malheureux, réservé et fier comme il est, pour se plaindre de sa vie et demander du secours. Certes, Fédia ne refusera pas d'accéder à sa demande. Avec une pareille richesse, quelle importance peuvent avoir pour lui 2000 roubles ? ”
Anna Nikitična Annenskaâ, La soeur aînée (1894)
“ Un jour, toutes ces tristes pensées tourmentaient plus particulièrement la pauvre Macha. Lioubotchka se sentait indisposée depuis le matin et, à cause de cela, pleurait à chaque instant. Glafira Pétrovna s 'irrita de ces larmes, et voulut l'enfermer pour toute la ournée dans un cabinet noir. Mâcha eut grand'peine à soustraire la fillette à ce châtiment et à l'envoyer à la promenade avec Wolodia qui n'était pas allé ce jour au collège, sous prétexte de mal à la tête. ”
“ Cependant nous restâmes longtemps ce soir-là, Macha et moi, sans nous endormir, parlant toujours, non pas de lui, mais de l’emploi de l’été suivant, du lieu où nous passerions l’hiver et de la façon de le passer. Grosse question ; et pourquoi ? Pour moi, il me semblait aussi simple qu’évident que la vie devait consister à être heureuse, et dans l’avenir il ne m’était pas possible de me figurer autre chose que le bonheur, comme si tout à coup notre vieille et sombre demeure de Pokrovski venait de se remplir de vie et de lumière... ↑ Macha, Sonia, dénominations familières pour Marie, Sophie. ”
Anna Nikitična Annenskaâ, La soeur aînée (1894)
“ Macha parlait de sa vie passée, de sa mère, des personnes qu'elle connaissait à Saint-Pétersbourg \ sa tante l'écoutait avec une attention pleine d'intérêt. A son tour elle lui contait son enfance écoulée dans la luxueuse maison où elle habitait avec son père qui adorait sa fille'unique, la situation malheureuse dans laquelle elle s'était trouvée après la mort de ce père, comment Gourieff l'avait décidée à devenir sa femme, en lui promettant de l'aimer et de la choyer tout autant que son père, comment sa vie actuelle était triste et dure pour elle, jusqu'à lui inspirer le désir de mourir. ”
Léon Tolstoï,
Anna Karénine
(1877)
“ Mais bois donc quelque chose. Veux-tu du champagne ? Ou bien allons quelque part. Allons chez les tziganes ! Tu sais, je commence à beaucoup aimer les tziganes et les chansons russes. Sa langue commençait à s’empâter. Il se mit à sauter d’un sujet à un autre. Constantin et Macha l’exhortèrent à n’aller nulle part et le mirent au lit tout à fait ivre. Macha promit à Constantin de lui écrire en cas de besoin, et elle exhorta Nicolas à aller vivre chez son frère. XXVI Le lendemain matin. ”
Kanda Sāmi Pulavar, Législation hindoue, publiée sous le titre de "Vyavahara-sara-sangraha"… (1857)
“ Si l'animal qui a détruit la culture n'est plus jeune, l'amende à prononcer sera de huit macha, pour un âne, un chameau, un buffle ; de quatre macha, pour une vache ; de deux macha, pour des chèvres ou des moutons. ”
Anna Nikitična Annenskaâ, La soeur aînée (1894)
“ « Chère Macha, écrivait le garçon, je demeure dans la raffinerie de l'oncle de Kolokoloff, l'un de mes camarades du collège.Kolokoloff m'a donné une lettre pour lui ; il m'a accepté et se charge de m'ap-prendre la fabrication du sucre. « Je suppose que maman a beaucoup pleuré sur mon absence. Console-la ; je suis assez bien ici : j'ai beaucoup à travailler, mais cela ne fait rien. Adieu. , « LÉON G. » Mâcha courut immédiatement montrer cette lettre à Anna Mikhaïlovna. ”
Anna Nikitična Annenskaâ, La soeur aînée (1894)
“ Enfant, il ne voulait pas étudier, maintenant, il ne veut pas travailler, le fainéant ! — N'outrage pas Léon, s'écria Macha, dont les joues se colorèrent d'indignation. Il n'est pas du tout un vaurien ; il vaut peut-être mieux que toi-même. — Eh bien 1 s'il vaut mieux, il n'a donc pas besoin de venir m'ennuyer, répondit Fédia avec le même ton froid; on a appris que je suis devenu riche, et voilà que tout le monde s'est souvenu de moi ! Mais moi aussi, j'ai eu bien de la peine à avoir cet argent: penses-tu que je n'aie rien de plus pressé que de me mettre à le distribuer à tous les fripons? ”
Anna Nikitična Annenskaâ, La soeur aînée (1894)
“ Macha tressaillit et se leva en sursaut. Le soleil de mai envoyait ses gais rayons par les fenêtres de la chambre où, dans un coin, Glafira se tenait penchée sur le corps inanimé d'Anna Mikhaïlovna. CHAPITRE VIII. LA DÉCISION. La mort d'Anna n'apporta guère de changement dans la vie des Gourieff. Grigory Matvéiévitch restait moins longtemps chez lui, et témoignait encore plus d'indifférence pour tout ce qui se passait dans sa famille. Glafira Pétrovna devint la maîtresse absolue de la maison, ce dont souffrait le plus Macha. Pénible était l'existence de la pauvre fillette ! ”
“ Il était si bien dans le dorlotement de cette chambre voluptueuse, si délicieusement étourdi par cette haleine en caresse sur ses paupières qui battaient, lourdes de sommeil, pleines de visions fuyantes, bois rouillés, prés, meules ruisselantes, toute leur journée d’amour à la campagne... Au matin, il fut réveillé en sursaut par la voix de Machaume criant au pied du lit, sans le moindre mystère : — Il est là... il veut vous parler... — Comment ! il veut ?... Je ne suis donc plus chez moi !... tu l’as donc laissé entrer... ”
Paul Adam,
Les visages du Brésil
(1914)
“ Confisqués, les troupeaux du Sud changèrent de fazendas, de pacages. Une élite fraîche se substitua rapidement à une faction mal dirigée, vaincue, dispersée. M. Pinheiro Machado gagna des batailles en croyant à ses idées. Il les aima comme des dieux jaloux. ”
L.-M. de Carné, Exploration du Mékong
“ On se dispense de pousser fort loin les travaux, et, sans creuser des galeries, on se borne en quelque sorte à écorcher la surface du sol. Un certain nombre des chrétiens du père Lu viennent à cheval au-devant de nous, et nous faisons à Machan une entrée solennelle. Machan est un pauvre village plusieurs fois détruit et souvent assailli par des bandes de loups féroces qui descendent des montagnes, enlèvent des animaux et des enfans, et souvent même étranglent des hommes. ”
Paul Richer,
L'art et la médecine
(1902)
“ Le divin Machaon le guérit, « Machaon, fils d'Esculape, habile à extraire les traits restés dans les blessures et à y verser des baumes salutaires 1 ». Et peu après Pâris tombait mortellement atteint par une de ces flèches. 1. HOMÈRE, Iliade, XI, 515. FIG. 249. – PHILOCTÈTE. (Peinture de vase, d'après M.A. Malati.) De nombreuses peintures de vase, des pierres gravées représentent les différents épisodes du mythe du héros grec. Nous le voyons souvent assis sur un tertre (Fig. 249) , ou étendu à terre, dans l'île abandonné, le pied entouré de bandages. ”
Victor Chauvin,
Les vrais Robinsons : naufrages…
(1863)
“ C'est ce qui donne un aspect si grandiose au paysagé. « Les pics les plus hauts sont quelquefois dénudés, mais bientôt les montagnes se couvrent d'arbres de toute espèce; le cèdre y monte quelquefois à des hauteurs prodigieuses; les collines, admirablement cultivées, y présentent quelque chose de féerique. » Un nom prononcé souvent dans notre légende est resté à l'un des quartiers de l'île : c'est celui quelque peu modifié de Macham ou Machim ”
“ Machabée, ayant donc rassemblé près de lui beaucoup de gens, devenait formidable aux nations ; car la colère du Seigneur se changea alors en miséricorde. 6. Il surprenait tout d’un coup les villages et les villes, et les brûlait ; et se saisissant des lieux les plus avantageux, il taillait en pièces un grand nombre d’ennemis ”
Victor de Ternant, Les colonies portugaises (1890)
“ A la fin, ils crurent découvrir quelque chose qui ressemblait à la terre, et après en avoir approché, ils virent que c'était une île couverte de bois. Ils eurent bientôt jeté l'ancre, et Macham, la dame et leur petite suite se rendirent à terre, et construisirent sous les branches d'un grand arbre, une espèce de cabane qui leur servit de retraite. Pendant la nuit, une nouvelle tempête arracha le vaisseau de ses ancres, et l'emporta jusque sur la côte de Barbarie, où il tut brisé contre les rochers: l'équipage pris par les Maures, tut réduit en esclavage. ”
