Léon Tolstoï

Léon Tolstoï

Résumé

Portrait de Léon Tolstoï Léon Tolstoï Revue des Deux Mondes

Hé ! père Fédor !
— Qu’est-ce que c’est ? soupira une voix faible. — Et une maigre face rousse se pencha hors du poêle. Une large main poilue, décolorée et décharnée, ramenait un caftan sur des épaules amaigries, couvertes d’une chemise sale : — Donnez-moi à boire, amis ; toi, que te faut-il ?
Le jeune homme tendit une cruche pleine d’eau.
— Voilà, Fédia, dit-il, hésitant. Toi, bien sûr, tu n’auras plus besoin de bottes neuves. Donne-les-moi, puisque tu ne marcheras plus, bien sûr...
Le malade inclina sa tête fatiguée sur la cruche de terre.
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À la maison, du moins...
— À la maison ! mourir à la maison !... interrompit avec emportement la dame.
Mais ce mot, mourir, l’effraya visiblement ; elle fixa sur son mari un regard interrogateur et suppliant. Il baissa les yeux et se tut. Les lèvres de la malade se contractèrent avec une moue d’enfant, des larmes jaillirent de ses yeux. Le mari, se cachant la figure dans son mouchoir, s’éloigna de la voiture.
— Non, je continuerai, fit-elle en levant les yeux au ciel.
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Du côté du soleil, sur les maisons, les arbres et les haies, tout scintillait et remuait. Il y avait jeunesse et gaîté au ciel, sur la terre et dans le cœur de l’homme.
Dans une des principales rues, devant un grand hôtel seigneurial, on avait étendu de la paille fraîche ; dans cette maison se trouvait la malade qui se hâtait naguère vers la frontière. À la porte close de sa chambre, le mari et une femme âgée restaient debout ; sur un divan, un prêtre était assis, baissant les yeux et tenant dans les mains un objet enveloppé d’une étole.
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