Samuel-Henry Berthoud

Résumé

Samuel-Henry Berthoud Les pains de six livres (1844)

Ma chère fille, me dit-elle, Dieu ne tardera point à me retirer de ce monde ; sans la pensée que sa miséricorde ne cessera point de veiller sur vous, la mort me serait pleine d'amertume et de désespoir. Vous n'avez que seize ans ; vous ne connaissez que vaguement les périls et les souffrances de la vie. Pauvre, réduite à vivre du travail de vos mains, et à satisfaire aux besoins de votre sœur trop jeune pour se venir en aide à elle-même, vous avez de grands et pénibles devoirs à remplir. Songezy bien, il faut que vous soyez, en tout temps et en toute circonstance, la mère de votre sœur.
Source : Gallica

Samuel-Henry Berthoud Les pains de six livres (1844)

Plutôt que de laisser manquer de quelque chose les deux petites filles, la lingère passait les nuits au travail et eût vendu jusqu'à la dernière pièce de son mobilier. Le boulanger avait renvoyé un de ses ouvriers, qu'il remplaçait lui-même afin que cette économie profitât aux deux petits garçons. Il voulait qu'aucune différence n'existât entre les soins que recevaient les orphelins et ses propres enfants; il leur donnait la même éducation, et il y avait des moments où le cœur de cet honnête homme ne savait plus les distinguer les uns des autres dans la tendresse qu'il leur portait.
Source : Gallica

Samuel-Henry Berthoud Les pains de six livres (1844)

Au même instant une seconde voiture arrivait devant la porte ; elle amenait le boulanger, les deux garçons adoptifs, sa femme et ses enfants.
La lingère suivit en silence dans le carrosse la dame et ses filles, qui prirent sur leurs genoux les deux orphelines; les cochers fouettèrent leurs chevaux et le petit cortége se mit en route. Il traversa le boulevard, passa les ponts et s'arrêta devant l'Institut. La lingère et le boulanger éblouis suivirent la dame dans une salle étincelante de lumières, et s'assirent tout confus près d'elle, au milieu d'une foule brillante.
Source : Gallica

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