Élisa Denneville

Résumé

Élisa Denneville Le Livre rose

Je jetai un cri, et tombai presque sans vie ; la pitié entra dans tous les cœurs ; M. de Bermon fit un pas pour s’approcher, et j’allais être sauvée ; mais revenant à lui, il signa précipitamment l’acte fatal, et disparut.
Je restai plusieurs mois dans un état voisin de la mort. J’en sortis l’ombre de moi-même, ma figure et ma jeunesse à jamais flétries, et une pâleur mortelle répandue sur mon visage. Je ne versais plus de larmes, une idée fixe oppressait mon cœur : j’étais séparée de Charles, séparée pour toujours, et dans quelques mois on allait m’enlever mon fils.
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Élisa Denneville Le Livre rose

Ah ! je ne songe point à ma fortune, à mon abandon ; ce n’est point dans l’extrême jeunesse que de telles inquiétudes vous assiégent, on croit l’argent si peu nécessaire au bonheur ; je ne pense qu’à cette responsabilité que j’ai maintenant de moi-même, et je frémis de me sentir si peu de forces dans le caractère ; un effroi mortel me glace ; je pressens de longs orages dont je serai victime. Tout déjà me semble aride, décoloré, tout est solitude pour mon cœur ; je repousse presque avec défiance les consolations de mes compagnes
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Élisa Denneville Le Livre rose

Ah ! qu’on ne s’étonne point de me voir sitôt asservie à une passion dangereuse : j’étais seule au monde, personne ne s’occupait de moi ; Charles réunissait tout ce qui pouvait plaire : je l’aimai donc sans réflexion, sans calcul ; je l’aimai sans savoir que je dusse redouter de me laisser dominer par ce sentiment ; je ne me l’avouai même pas, car le premier amour a tout le charme de l’innocence ; il entre dans le cœur et le trouve confiant ; on ne lui dispute point l’empire qu’il veut prendre, car on en ignore toute la puissance.
Madame Darcy me demanda bientôt si j’acceptais sa proposition
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