María de las Mercedes Santa Cruz y Montalvo Merlin

Résumé

María de las Mercedes Santa Cruz y Montalvo Merlin Histoire de la Soeur Inès (1832)

Je n'aimais pas seule. Mon instinct me l'avait fait deviner, et cette conviction éveillait en moi un sentiment délicieux, dont la force lutta pour quelques instans contre la douleur.
J'étais encore livrée à cette vive émotion, lorsque j'entendis une plainte étouffée ; je m'élançai vers ma mère, et la trouvai presque sans connaissance. La faiblesse de sa santé, n'avait pu résister à l'idée de notre prochaine séparation. Je lui prodiguai
les soins les plus tendres, on la transporta dans son lit, et pendant la nuit, mon inquiétude pour elle absorba tout autre sentiment.
Source : Gallica

María de las Mercedes Santa Cruz y Montalvo Merlin Histoire de la Soeur Inès (1832)

La veille de ma rentrée au couvent, mon père donna un bal. La plus brillante société s'y trouva réunie. On s'empressait autour de moi : on m'environnait d'hommages et de flatteries, m'adressant à la fois des complimens sur ma beauté, et des éloges sur ma vocation; tandis que, la mort dans le coeur, je ne pouvais m'empêcher de sourire de pitié, à l'idée de cet usage barbare et ridicule à la fois, par lequel, après avoir paré la victime, on ne suspend un instant le coup mortel que pour lui faire mieux sentir la grandeur du sacrifice.
Source : Gallica

María de las Mercedes Santa Cruz y Montalvo Merlin Histoire de la Soeur Inès (1832)

Bientôt une esclave entra : elle cria, mais je ne la compris point. On m'enleva d'auprès du corps de ma mère sans que je fisse la moindre résistance; mais lorsqu'on voulut me déshabiller pour me mettre au lit, un cri s'échappa de ma poitrine, et saisissant mes vêtemens, je les pressai avec force sur mon sein, comme pour retenir et cacher la lettre de don Diego... Alors seulement mes larmes coulèrent et coulèrent long-temps...
Source : Gallica

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