Louis-François-Hilarion Audibert

Résumé

Louis-François-Hilarion Audibert Ourika et Édouard. Tome 1 (1861)

Je voyais se réaliser cette situation que mon imagination s'était peinte tant de fois; je mourais loin de ce que j'aimais, et mes tristes gémissements ne parvenaient pas même à leurs oreilles. Hélas ! ils eussent troublé leurs joies. Je les voyais s'abandonnant à toute l'ivresse du bonheur, loin d'Ourika mourante. Ourika n'avait qu'eux dans la vie ; mais eux n'avaient pas besoin d'Ourika : personne n'avait besoin d'elle ! Cet affreux sentiment de l'inutilité de l'existence est celui qui déchire le plus profondément le coeur
Source : Gallica

Louis-François-Hilarion Audibert Ourika et Édouard. Tome 1 (1861)

L'humanité seule ne produit-elle pas tous les jours des dévouements sublimes? Pourquoi donc ne pourrais je aimer ainsi Charles, le compagnon de mon enfance, le protecteur de ma jeunesse?... Et cependant, je ne sais quelle voix crie au fond de moi-même, qu'on a raison, et que je suis crimi nelle. Grand Dieu! je vais donc recevoir aussi le remords dans mon coeur désolé. Il faut qu'Ourika connaisse tous les genres d'amertume, qu'elle épuise toutes les douleurs! Quoi? mes larmes désormais seront coupables ! il me sera défendu de penser à lui!
Source : Gallica

Louis-François-Hilarion Audibert Ourika et Édouard. Tome 1 (1861)

EDOUARD. 77
lui donne en général ; c'est le dernier degré de la conquête que de subir la loi d'un autre peuple ; elles Normands qui, en Angleterre, ont presque conquis la langue, n'ont jamais pu conquérir la loi. Ces matières étaient sérieuses, mais elles ne le paraissaient pas. Ce n'est pas la frivolité qui produit la légèreté de la conversation; c'est cette justesse qui, comme l'éclair, jette une lumière vive et prompte sur tous les objets. Je sentis, en écoutant mon père, qu'il n'y a rien de si piquant que le bon sens d'un homme d'esprit.
Source : Gallica

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