duchesse de Claire de Durfort Duras

Résumé

duchesse de Claire de Durfort Duras Edouard

J'accomplis le triste devoir que je m'étais imposé, et pendant le voyage je fus un peu moins tourmenté du souvenir de Mme de Nevers. L'image de mon père mort effaçait toutes les autres. L'amour mêle souvent l'idée de la mort à celle du bonheur; mais ce n'est pas la mort dans l'appareil funèbre dont j'étais environné: c'est l'idée de l'éternité, de l'infini, d'une éternelle réunion, que l'amour cherche dans la mort; il recule devant un cercueil solitaire.
A Lyon, je retrouvai les bords du Rhône et mes rêveries, et Mme de Nevers régna dans mon coeur plus que jamais.
Source : Gutenberg

duchesse de Claire de Durfort Duras Edouard

Dans cette solitude, le bonheur était le plus fort. La voir, l'entendre, marcher près d'elle, sentir son bras s'appuyer sur le mien, c'étaient autant de délices auxquelles je m'abandonnais avec transport. Il faut avoir aimé pour savoir jusqu'où peut aller l'imprévoyance; il semble que la vie soit concentrée dans un seul point, et que tout le reste ne se présente plus à l'esprit que comme des images effacées. C'est avec effort que l'on appelle sa pensée sur d'autres objets, et, dès que l'effort cesse, on rentre dans la nature de la passion, dans l'oubli de tout ce qui n'est pas elle.
Source : Gutenberg

duchesse de Claire de Durfort Duras Edouard

Si j'avais été le plus grand roi du monde, avec quel bonheur j'aurais mis à ses pieds toutes mes couronnes! Qu'il est heureux, l'homme qui peut élever à lui la femme qu'il aime, la parer de sa gloire, de son nom, de l'éclat de son rang, et, quand il la serre dans ses bras, sentir qu'elle tient tout de lui, qu'il est l'appui de sa faiblesse, le soutien de son innocence! Hélas! je n'avais rien à offrir à celle que j'aimais qu'un coeur déchiré par la passion et par la douleur!
Source : Gutenberg

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