María de las Mercedes Santa Cruz y Montalvo Merlin

Élements biographiques

María de las Mercedes Santa Cruz y Montalvo Merlin Histoire de la Soeur Inès (1832)

Je n'aimais pas seule. Mon instinct me l'avait fait deviner, et cette conviction éveillait en moi un sentiment délicieux, dont la force lutta pour quelques instans contre la douleur.
J'étais encore livrée à cette vive émotion, lorsque j'entendis une plainte étouffée ; je m'élançai vers ma mère, et la trouvai presque sans connaissance. La faiblesse de sa santé, n'avait pu résister à l'idée de notre prochaine séparation. Je lui prodiguai
les soins les plus tendres, on la transporta dans son lit, et pendant la nuit, mon inquiétude pour elle absorba tout autre sentiment.
Source : Gallica

María de las Mercedes Santa Cruz y Montalvo Merlin Les Lionnes de Paris, par feu le prince de ***… (1945)

Il était une heure de la nuit lorsque Mateo se présenta devant la porte de Giuditta. Entourée d'artistes et de jeunes gens à la mode, la duchesse présidait au souper : le salon était éblouissant, et la gaieté des convives générale ; c'était le moment d'abandon et de folie réservé seulement aux amis intimes.
Mateo monte l'escalier, et, sans se faire annoncer, entre dans la salle du festin. Giuditta l'aperçoit la première. Une pâleur mortelle couvre son visage, sa lèvre frémit, et, les yeux attachés sur le comte, elle reste immobile, comme frappée de la foudre.
Source : Gallica

María de las Mercedes Santa Cruz y Montalvo Merlin Les Lionnes de Paris, par feu le prince de ***… (1945)

La passion de Mme de Valdenère pour Conrad était tout à fait romanesque. C'était une fleur éclose à la chaleur énervante des calorifères et des raouts; belle, mais sans couleur ni parfum. La sensibilité de Lucie, toujours en jeu par ces nuances d'impression si multiples dans le cœur des femmes, était encore, et sans cesse, surexcitée par une éducation raffinée, et par cette vie du monde qui ajoute à la vie réelle tant de sentiments factices,
tant de douleurs réelles, mais qui, à force d'alambiquer, de contraindre et de façonner la nature, use son énergie primitive, étiole sa verdeur native.
Source : Gallica

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