“ Don Diego l'adorait tel quel: un père est toujours père; mais il avait peur de don Diego. Il disait maman à la vieille comtesse, mais il ne l'embrassait pas souvent sans pleurer. Quant à sa mère, il la connaissait de vue; il la rencontrait de temps en temps au Bois, dans un carrefour écarté, loin des allées où la foule se promène. Mme Chermidy laissait son coupé à distance et venait à pied jusqu'à la voiture du comte; elle embrassait l'enfant à la dérobée, lui donnait des bonbons, et lui disait avec une tendresse sincère: «Mon pauvre chien, tu ne seras donc jamais à moi!» ”
Don Diego
Définition et enjeux
Citations sur “Don Diego”
José de Espronceda,
L’Étudiant de Salamanque
“ DON DIEGO. Vous mentez ! DON FÉLIX. Du calme, don Diego, car si vous veniez à mourir, ma malchance est telle qu’on m’imputerait aussi votre mort. Cette colère est vaine. Si elle est morte, ce qui est fait est fait, elle ne ressuscitera pas. DON DIEGO. Je vous regarde et me demande si je dois souiller mon épée de ce sang maudit ou faire à votre cou un lacet de mes mains et vilement, au lieu de vous demander raison, arracher votre cœur et piétiner votre langue. Car une âme, une vie, c’est une satisfaction bien légère ”
“ Écoutez: je vous abandonne la libre disposition de tous les biens que vous possédez. Vivez, soyez heureuse et riche; faites le bonheur de votre famille, soignez la vieillesse de vos parents, mais laissez-moi don Diego. Il ne vous est rien encore, vous me l'avez avoué vous-même. Il n'est pas votre mari, il n'est que votre médecin, votre infirmier, l'aide du docteur Le Bris. ”
“ Aujourd’hui, son corps n’est qu’une cage de cristal transparent avec une âme au fond. Mais lorsqu’un sang régénéré coulera dans ses veines, quand l’air du ciel réjouira sa poitrine, quand les parfums généreux de la campagne parleront à son cœur et feront battre ses tempes ; quand le pain et le vin, ces présents de Dieu, auront réparé ses forces ; quand une vigueur impatiente la fera courir à perte d’haleine sous les grands orangers du jardin, alors elle entrera dans une beauté nouvelle, et don Diego a des yeux. ”
José Zorrilla,
Don Juan Tenorio
“ DON JUAN Vous me faites rire, Don Gonzalo. Venir me provoquer, c’est aller faire peur à un lion avec un mauvais bâton. Et puisque vous m’en donnez l’occasion, je tiens à vous avertir en retour, que, ou vous me la donnerez, ou, par Dieu, j’irai vous l’enlever. DON GONZALO Misérable ! DON JUAN C’est dit : une femme seulement, comme celle-ci, manque à ma gageure ; ainsi donc le pari est ouvert sur elle. (Don Diego, se levant de la table où il était resté caché pendant la scène précédente, descend vers le centre du Théâtre, de manière à être en face de Don Juan.) ”
Émile Michel,
Revue des Deux Mondes
“ L’artiste avait, du reste, des raisons personnelles de s’entendre avec don Diego qui, grand amateur de curiosités et d’objets d’art, avait réuni dans son palais de Madrid une très riche collection de meubles en marqueterie, de pièces d’horlogerie, d’armes de prix et de peintures des maîtres les plus renommés. Dans le post-scriptum d’une lettre qu’il écrivait à Dupuy, le 9 décembre 1627, Rubens lui annonce qu’au premier jour il commencera le portrait de don Diego, qu’il tient « pour un des plus fins connaisseurs qu’il y eût au monde. » ”
Gustave Aimard,
Par mer et par terre : le corsaire
“ Don Diego sourit avec bonhomie. — À quoi bon vous excuser, mon ami, et vous préoccuper de ce qu’il plaît à cette taquine enfant de vous reprocher ? dit-il en souriant ; elle veut vous tourmenter ; nous vous aimons tous, et elle plus que nous encore peut-être ; elle a une singulière affection pour vous ”
“ Mais ce n’est qu’avec Ribera et Velazquez que l’école s’épanouit dans toute sa force. Avec eux, l’art espagnol devient réaliste et puissant. Ce que cherche avant tout don Diego, c’est le caractère et la vérité. Il est réaliste dans la belle acception du mot, il peint la nature comme il la voit et comme elle est. On éprouve en face de ses personnages l’impression que l’on ressent devant des êtres vivans. ”
“ Les gens de la trempe de don Diego ne sont pas les plus difficiles à prendre, et le lion se jette au piège plus étourdiment qu'un renard. La simplicité, la droiture et toutes les qualités généreuses sont autant de défauts à notre cuirasse. Un coeur honnête ne se défie pas aisément des calculs et des roueries dont il est incapable, et chacun fait le monde à son image. Si l'on était venu dire à M. Villanera que Mme Chermidy l'aimait par intérêt, il aurait haussé les épaules. ”
Gustave Aimard,
Par mer et par terre : le batard
“ Courage, mon ami ! reprit don Diego en soupirant et en essuyant ses yeux pleins de larmes ; voyez, moi ! La douleur ne tue pas, puisque je vis, et que j’ai la force de vous soutenir et d’essayer non de vous consoler, mais de vous rendre le courage, moi qui ne me consolerai jamais ! Olivier poussa un gémissement ”
Antoine Jules Dumesnil, Histoire des Plus Célèbres Amateurs Étrangers
“ Nous ne suivrons pas don Diego dans son gouvernement de Sienne, dans sa mission au concile de Trente, non plus que dans son ambassade à Rome, qui le contraignit, à son grand regret, de quitter définitivement Venise. Sa carrière politique ressemble à celle de tous les hommes d'État de son siècle. Il recevait de ses maîtres, Charles-Quint et Philippe II, des instructions et des ordres, et il s'y conformait en les faisant exécuter avec le zèle et même le fanatisme ardent qui dominait alors à la cour d'Espagne. ”
“ M. Le Bris ne put s’empêcher de rougir, car la duchesse disait vrai. Mais il se tira de ce mauvais pas en faisant l’éloge de don Diego. Il le dépeignit comme un noble cœur, un chevalier d’autrefois égaré dans notre siècle. ”
Gustave Aimard,
Par mer et par terre : le corsaire
“ Ce temps est loin, cher don Diego ; comment, plus tard, a-t-il reconnu vos bienfaits ? reprit Olivier. — Par la plus noire ingratitude, dit nettement doña Dolorès. — Ce n’est que trop vrai, murmura don Diego. — Dieu recommande de rendre le bien pour le mal, dit encore doña Maria. — Et c’est un des plus beaux préceptes de la religion chrétienne, appuya doña Dolorès. – Soit, reprit Olivier ; j’admets et j’admire comme vous la grandeur de ce précepte ; mais, comme la religion, la société a ses lois, qui doivent être respectées ”
Gustave Aimard,
Par mer et par terre : le corsaire
“ Et don Diego va bien ? – Très-bien je vous remercie, capitaine, ainsi que la señora et la niña ; mais, ajouta-t-il en fouillant, sous son poncho, dans la poche de sa veste, et en retirant un pli cacheté qu’il remit au capitaine, j’aime mieux vous donner la lettre tout de suite ; elle vous apprendra probablement tout ce que vous désirez savoir, beaucoup mieux que je ne pourrais sans doute le faire moi-même ; la parole n’est pas mon fort, vous savez, capitaine ? ajouta-t-il avec un sourire. — Bon ! vous êtes dévoué et homme d’action, ce qui vaut mieux que toute l’éloquence du monde ”
Gustave Aimard,
Les Chasseurs d’abeilles
(1854)
“ Don Diego, ajouta-t-il en se tournant vers le jeune homme, je vous confie votre sœur ; le combat va probablement recommencer bientôt, il ne faut pas qu’elle et son enfant soient exposés au moindre danger. Soyez tranquille, je réponds d’elle, dit don Diego en pressant la main de don Gusman. Avant de s’éloigner, doña Antonia se jeta une dernière fois dans les bras de son mari. — Prends garde ! lui glissa-t-elle à l’oreille, don Leoncio médite quelque trahison contre nous. — Il n’oserait pas ! répondit fermement don Gusman ; va, et sois sans crainte ! ”
María de las Mercedes Santa Cruz y Montalvo Merlin, Histoire de la Soeur Inès (1832)
“ Don Diego revint plusieurs fois chez ma mère, et finit par y aller tous les jours. Sa conversation était spirituelle et attachante; il possédait ce précieux secret de donner une teinte originale aux sujets les plus ordinaires , et souvent, par un tour d'esprit piquant, il attirait et captivait longtemps l'attention. Quelquefois , d'une seule parole, d'un geste, comme ces dernières touches qui donnent souvent la vie dans la peinture, il complétait si bien l'expression d'une idée, que la force et le charme en ”
Miguel de Cervantes,
Le Voyage au Parnasse (1614)
“ Don Diego, celui qui porte le nom de Silva, honore aussi de sa présence les hauts sommets du Parnasse, et il s’avance, d’un pas joyeux. Devant son génie, devant son incomparable renom, toute science s’incline obéissante : il s’élève à une telle hauteur qu’il parait un être surhumain. ”
Francisco de Quevedo y Villegas, Don Pablo de Ségovie
“ « Jésus ! s’écriait Don Diégo, comment, ressembler ! La taille, le parler, les gestes sont les mêmes ; je n’ai jamais rien vu de pareil ! Oui, monsieur, je vous proteste que c’est une chose fort étonnante et que de ma vie je n’ai vu deux personnes qui aient un rapport aussi parfait. » Les vieilles, la tante et la mère l’interrompirent alors, en disant : « Comment est-il possible qu’un homme d’un rang si supérieur ressemble à un coquin aussi vil que celui-là ? » ”
Louis de Viel-Castel,
Revue des Deux Mondes
“ Don Diégo, n’y comprenant rien, mais voulant paraître comprendre, et se persuadant que ce sont autant de complimens ou de témoignages de tendresse, s’efforce d’y répondre sur le même ton et se perd dans un inintelligible galimatias. Sûr désormais de sa conquête, il ne daigne pas même chercher un prétexte spécieux pour rompre le projet de mariage qui l’a appelé à Madrid. Le beau-père, indigné de tant d’impertinences, consent enfin à donner sa fille au rival préféré de don Diégo, et ce n’est qu’alors que le fat apprend, à sa grande confusion, le tour qu’on vient de lui jouer. ”
Francisco de Quevedo y Villegas, Don Pablo de Ségovie
“ Holà ! l’hôte ! Songez que ce gentilhomme vous saura gré de ce que vous ferez. Videz le buffet, et ne ménagez pas la dépense ! » Dans le même temps, un d’entre eux s’approcha de Don Diégo, lui ôta son manteau, en lui disant : « Délassez-vous, Monsieur. » Et il le mena sur un banc de plâtre. Une des nymphes dit aussi : « Que ce gentilhomme a bien l’air de ce qu’il est ! Il va donc étudier ? » Puis m’adressant la parole, elle ajouta : « Êtes-vous son domestique ? » Comme je crus qu’ils agissaient tous de bonne foi, je répondis que nous l’étions, Aranda et moi. ”
“ Elle se répétait à tout propos que don Diego la soignait par devoir, ou plutôt par acquit de conscience; que l'amitié n'entrait pour rien dans toutes ses attentions; qu'il jouait froidement le rôle d'un bon mari; qu'il aimait une autre femme; qu'il ne s'appartenait pas; qu'il avait laissé son coeur en France. Elle songeait enfin que cet homme, si soigneux de la faire vivre longtemps, l'avait épousée dans l'espérance qu'elle mourrait bientôt, et elle s'indignait de le voir retarder de tous ses efforts l'événement qu'il hâtait de tous ses voeux. ”
Francisco de Quevedo y Villegas, Don Pablo de Ségovie
“ « Jeune seigneur, avec de pareilles leçons, vous vous formerez et vous vieillirez. » Le curé : « Je suis prêtre, je dirai des messes pour vous. » Le maudit étudiant criait de toutes ses forces : « Monsieur mon cousin, grattez-vous une autre fois, quand cela vous démange, et non après. » Et l’autre : « Que la gale vous vienne, seigneur Don Diégo ! » ”
“ Il a deux ans ; il vient bien, et il ressemble déjà aux vingt-quatre générations des Villanera. Don Diego adore son fils ; il ne se console pas de voir en lui un enfant sans nom, et, qui pis est, adultérin. Mme Chermidy serait femme à remuer des montagnes pour assurer à son héritier le nom et la fortune des Villanera. Mais la plus à plaindre est la pauvre douairière. Elle prévoit que don Diego ne se mariera pas, de peur de déshériter son fils bien-aimé ; qu’il dénaturera sa fortune pour la lui rendre en main propre ”
Antoine Jules Dumesnil, Histoire des Plus Célèbres Amateurs Étrangers (1860)
“ Ce prince conçut la plus haute idée des qualités de don Diego; il apprécia beaucoup ses services pendant toute la durée de son règne, et lui confia les négociations les plus difficiles : dès 1538, il était ambassadeur à Venise. Nous n'avons pas à suivre ici don Diego de Mendoza dans l'exercice de ses fonctions publiques ; cette partie de sa vie appartient à l'histoire générale de son pays. Nous devons nous borner à faire connaître l'existence qu'il menait à Venise, et les relations qu'il y entretenait avec les savants et les artistes. ”
La Muse française, 1823-1824..… (1907-1909)
“ Voici quelques citations qui vaudront mieux pour io5 M. de Lesser et pour nos lecteurs, que tous les éloges et toutes les définitions que nous pourrions donner. Dans la quatrième romance du livre Ier, Don Diego est tristement assis devant sa table, songeant à son injure et au danger de son fils; Rodrigue rentre, le 110 glaive sous le bras, les bras sur la poitrine : Il contemple son père, et son œil est plus doux. ”
Antoine Jules Dumesnil, Histoire des Plus Célèbres Amateurs Étrangers
“ Don Diego était consulté par ses compatriotes les plus instruits sur les sciences et, en particulier, sur les antiquités de l'Espagne, dont il avait fait une étude approfondie. Il n'avait jamais cessé d'entretenir la connaissance qu'il avait acquise dans sa jeunesse des langues hébraïque, arabe et grecque. Il se mit donc à faire des recherches sur les antiquités arabes; il fut déterminé à entreprendre ce travail par le grand nombre de monuments de ce peuple qu'il voyait à Grenade. ”
Antoine Jules Dumesnil, Histoire des Plus Célèbres Amateurs Étrangers
“ D'un autre côté, le frère Jean Diaz nous apprend, dans son avertissement à ses lecteurs, que les autres poésies de don Diego consistaient en satires et pièces burlesques qu'il avait composées pour son plaisir et celui de ses amis, et qu'on ne doit pas les livrer à l'impression par respect pour la mémoire de leur auteur.—Nous ignorons dans quel dépôt public ou privé peuvent se trouver aujourd'hui les manuscrits de tous ces ouvrages. ”
Miguel de Cervantes Saavedra,
L'ingénieux chevalier Don Quichotte de la Manche
(1858)
“ Dans cette occasion, néanmoins, le seigneur don Diego s'emporta outre mesure, et dépassa de beaucoup les limites du défi, car il n'y avait aucun motif pour y comprendre avec les vivants, les morts, l'eau, le pain, les enfants à naître, et tant d'autres particularités dont son cartel contient l'énumération ; mais lorsque la colère a débordé et s'est emparée d'un homme, aucun frein n'est capable de le retenir. ”
Miguel de Cervantes Saavedra,
Histoire de Don Quichotte de la Manche…
(1875)
“ Don Diego, désespérant de venir à bout de Don Quichotte par la persuasion, fut un instant tenté d'employer la force et de proposer de se réunir tous contre lui pour empêcher l'exécution de son insensé projet. Mais considérant qu'il faudrait se résoudre à le combattre à outrance, s'exposer à l'assommer ou à se faire assommer; pressé d'ailleurs par la violence des menaces redoublées que notre héros adressait au conducteur pour se faire ouvrir sur-le-champ, il prit enfin le parti de piquer son cheval, et de fuir. Sancho se mit aussi à piquer son grison; le' muletier, à fouailler ses mules ”
Francisco de Quevedo y Villegas, Don Pablo de Ségovie
“ Que l’infâme menteur soit précipité dans le fond des enfers, en quelque endroit qu’il soit ! Ce double escroc ayant aperçu l’avare qui dormait, il dit à Don Diégo : « Voulez-vous rire ? Faisons quelque tour à ce vieux, qui n’a mangé qu’une pomme dans tout le chemin, et qui est cependant très riche. » Les ruffians applaudirent, et l’étudiant, s’étant approché du pauvre vieillard endormi, il lui prit des besaces qui étaient à ses pieds. Il les délia, et y ayant trouvé une boîte, il appela la compagnie. ”
Adelphe Nouville, Histoires de l'Espagne arabe, par Adelphe Nouville… (1851)
“ Il faut partir. Et si tu tardés encore, que pensera don Diego de sa maîtresse? Que pensera-t-il de son ami? — Si don Diego pouvait douter un seul instant de l'honneur de sa maîtresse, répartit la chrétienne avec fierté, je ne l'aimerais plus, je le haïrais ! — Vous autres , les enfants d'Issa 1 vous avez d'étranges vertus. Parmi les enfants du Prophète, la jalousie est le meilleur indice de l'amour; mais je respecte vos erreurs; je dirai plus, je les trouve belles. Quoi qu'il en soit, Zetnab , il faut partir. — Où me condùis-tu? demanda-t-elle. — Chez le cadi. ”
Édouard Montagne,
Histoire des farceurs célèbres
(1872)
“ Généralement, l'inconnu les récompense fort mal de leur obligeance. Mais c'est ainsi!. Il faut que ces gens réchauffent des vipères dans leur sein. Ces gens aiment les vipères ! Le jour où don Diego Solarto, son protecteur, vint, radieux, lui annoncer l'heureux résultat de ses démarches en lui disant : — Vous êtes libre ! Catalina répondit : — Vous êtes bien gentil, vous! Qu" est-çe que je pourrais bien faire pour vous? — Mais, habiter ma maison, si vous ne la jugez pas indigne de Votre Seiguëurie, répliqua don Diego. — Comment donc, cher Monsieur ! reprit Càtalina. ”
