“ «Que faites-vous ici, mon cher duc? Vous n'êtes pas à votre place. Tout le monde vous désire au faubourg, hommes et femmes; m'entendez-vous bien? Tous les La Tour d'Embleuse y ont tenu leur rang depuis Charlemagne: je ne vous reconnais pas le droit de faire banqueroute à vos ancêtres. Nous avons tous besoin de vous. Eh, morbleu! si vous vous enterrez ici, à la fleur de l'âge mûr, qui est-ce qui nous donnera des leçons d'élégance? qui est-ce qui nous apprendra la grande vie, l'art de manger proprement une fortune et l'art de plaire aux femmes, qui va se perdant tous les jours?» ”
Edmond About
Résumé
Edmond About, dans Germaine, examine les enjeux de la vie aristocratique à travers les destins entrelacés de personnages tels que Mme Chermidy, Germaine et don Diego. Ce roman, publié en 1863, dépeint avec ironie les tensions entre amour, ambition et hiérarchie sociale, tout en questionnant les rôles de la femme et les mirages du mariage.
Les dialogues percutants et les relations ambigues, comme celle entre le duc de La Tour d'Embleuse et la comtesse, révèlent une société où les apparences dissimulent les désirs et les conflits. L'œuvre, marquée par une prose acérée, conclut sur la fragilité des liens humains face aux normes de l'époque.
Citations de Germaine (Edmond About)
“ «Je suis un vieux fou. Pourquoi me suis-je avisé de lui parler d'amour? En vérité l'amour sied bien à un barbon de mon âge! Qu'elle m'accorde un peu d'amitié, j'aurai tout ce que je mérite. Qu'elle me souffre dans sa maison comme un père, je trouverai dans un coin de mon coeur des sentiments paternels. Elle est malheureuse, elle pleure l'abandon de Villanera; je la consolerai par de bonnes paroles.» L'espérance de la voir bientôt lui donnait la fièvre. Ses yeux fatigués par l'insomnie le piquaient douloureusement, mais il espérait pleurer lorsqu'il tomberait aux pieds d'Honorine. ”
“ C’est sans doute parce qu’il eût été trop triste de mourir loin de vous, sans que vos chères mains fussent là pour me fermer les yeux. Au reste, les soins ne m’ont pas manqué. Si j’avais succombé, comme le docteur s’y attendait un peu, vous auriez eu une consolation. Le plus triste, lorsqu’on apprend de loin la mort de ceux qu’on aime, c’est de penser qu’ils n’ont pas été soignés comme il le fallait. Quant à moi, rien ne me manque, et tout le monde est bon pour moi, même M. de Villanera. Vous vous direz cela, ma chère maman, s’il m’arrive quelque malheur. ”
