“ Don Diego l'adorait tel quel: un père est toujours père; mais il avait peur de don Diego. Il disait maman à la vieille comtesse, mais il ne l'embrassait pas souvent sans pleurer. Quant à sa mère, il la connaissait de vue; il la rencontrait de temps en temps au Bois, dans un carrefour écarté, loin des allées où la foule se promène. Mme Chermidy laissait son coupé à distance et venait à pied jusqu'à la voiture du comte; elle embrassait l'enfant à la dérobée, lui donnait des bonbons, et lui disait avec une tendresse sincère: «Mon pauvre chien, tu ne seras donc jamais à moi!» ”
Diego
Définition et enjeux
Citations sur “Diego”
“ Aujourd’hui, son corps n’est qu’une cage de cristal transparent avec une âme au fond. Mais lorsqu’un sang régénéré coulera dans ses veines, quand l’air du ciel réjouira sa poitrine, quand les parfums généreux de la campagne parleront à son cœur et feront battre ses tempes ; quand le pain et le vin, ces présents de Dieu, auront réparé ses forces ; quand une vigueur impatiente la fera courir à perte d’haleine sous les grands orangers du jardin, alors elle entrera dans une beauté nouvelle, et don Diego a des yeux. ”
“ Écoutez: je vous abandonne la libre disposition de tous les biens que vous possédez. Vivez, soyez heureuse et riche; faites le bonheur de votre famille, soignez la vieillesse de vos parents, mais laissez-moi don Diego. Il ne vous est rien encore, vous me l'avez avoué vous-même. Il n'est pas votre mari, il n'est que votre médecin, votre infirmier, l'aide du docteur Le Bris. ”
Le bienheureux Diego-Joseph de Cadix… (1895)
“ Diego hélas ! fut témoin des horreurs de la Révolution. Aussi avec quelle énergie il la dénonçait à l'exécration de l'univers! Avec quel soin il en dévoilait les causes, l'oubli de Dieu, la passion du luxe, les folies du philosophisme pervertissant les esprits, et les haines d'une secte maudite et cachée qui commençait à se montrer, la francmaçonnerie! Si l'Espagne résista aux envahissements de la Révolution, elle le doit en grande partie au zèle clairvoyant et courageux du B. Diego. ”
Fernán Caballero,
La famille Alvareda : roman de moeurs populaires
(1862)
“ Diego se sentait entraîné vers cet homme auquel il avait sauvé la vie, vers cet homme bon et honnête, parce que chez lui, sous sa rude écorce, il y avait aussi une âme noble et forte qui n'était pas encore descendue à ce degré de perversité qui fait haïr ce qui est bon. ”
Fortuné Du Boisgobey,
Une affaire mystérieuse, par Fortuné Du Boisgobey
(1878)
“ Proposer à Diego un duel dans les conditions ordinaires, il n'y fallait pas penser. Quel motif donner à une rencontre publique, à moins d'évoquer l'horrible passé que Robert voulait ensevelir à tout jamais dans l'ombre? Comment faire du valet de chambre Loiseau un adversaire acceptable pour un gentilhomme tel que M. de Pancorvo? Il fallait que le combat fût sans merci ; il fallait qu'il fût loyal ; il fallait, de plus, forcer Diego à l'accepter. ”
Le bienheureux Diego-Joseph de Cadix… (1895)
“ Le bienheureux Diego contemplait, l'âme navrée, les progrès du rationalisme, c'est à dire de la débauche et de l'impiété et il suppliait le divin Rédempteur d'avoir pitié de la vieille Europe et de l'arracher au flot toujours grossissant de l'erreur et de la corruption. ”
“ M. Le Bris ne put s’empêcher de rougir, car la duchesse disait vrai. Mais il se tira de ce mauvais pas en faisant l’éloge de don Diego. Il le dépeignit comme un noble cœur, un chevalier d’autrefois égaré dans notre siècle. ”
José de Espronceda,
L’Étudiant de Salamanque
“ DON DIEGO. Vous mentez ! DON FÉLIX. Du calme, don Diego, car si vous veniez à mourir, ma malchance est telle qu’on m’imputerait aussi votre mort. Cette colère est vaine. Si elle est morte, ce qui est fait est fait, elle ne ressuscitera pas. DON DIEGO. Je vous regarde et me demande si je dois souiller mon épée de ce sang maudit ou faire à votre cou un lacet de mes mains et vilement, au lieu de vous demander raison, arracher votre cœur et piétiner votre langue. Car une âme, une vie, c’est une satisfaction bien légère ”
Fortuné Du Boisgobey,
Une affaire mystérieuse, par Fortuné Du Boisgobey
(1878)
“ Un souvenir se dressait entre eux, et Ellen partagea le sentiment indéfinissable que ressentait son mari. Seule, Mary ne montra que de la joie. Elle accueillit Diego avec les transports naïfs d'un enfant, et Diego se montra tendre et empressé auprès d'elle. Il était rayonnant. Sa mise élégante, ses manières aisées et son langage dégagé frappèrent d'étonnement les habitants de la bastide. Son visage respirait la satisfaction profonde de l'homme qui se sent maître de la vie et qui voit le monde s'ouvrir devant lui comme un domaine conquis. ”
Horace Walpole,
Le Château d’Otrante
“ Diego & moi, conformément aux ordres de votre Altesse, avons été chercher la jeune Princesse : mais craignant de rencontrer l’esprit de notre jeune Maître, le fils de votre Altesse, Dieu veuille avoir son ame en paix, lequel n’a point été enterré en terre sainte. Sots, s’écria Manfred, tout transporté de colère, c’est donc un esprit que vous avez vu ? Oh ! pire, pire que cela, s’écria Diego : j’aimerois mieux avoir vu mille esprits... Dieu me donne patience, reprit Manfred, ces lourdauds m’assomment... Retirez-vous, Diego. Et toi, Jacques, dis-moi, es-tu dans ton bon sens ? Rêves-tu ? ”
“ Mais ce n’est qu’avec Ribera et Velazquez que l’école s’épanouit dans toute sa force. Avec eux, l’art espagnol devient réaliste et puissant. Ce que cherche avant tout don Diego, c’est le caractère et la vérité. Il est réaliste dans la belle acception du mot, il peint la nature comme il la voit et comme elle est. On éprouve en face de ses personnages l’impression que l’on ressent devant des êtres vivans. ”
Gustave Aimard,
Par mer et par terre : le corsaire
“ Don Diego sourit avec bonhomie. — À quoi bon vous excuser, mon ami, et vous préoccuper de ce qu’il plaît à cette taquine enfant de vous reprocher ? dit-il en souriant ; elle veut vous tourmenter ; nous vous aimons tous, et elle plus que nous encore peut-être ; elle a une singulière affection pour vous ”
Gustave Aimard,
Par mer et par terre : le batard
“ Courage, mon ami ! reprit don Diego en soupirant et en essuyant ses yeux pleins de larmes ; voyez, moi ! La douleur ne tue pas, puisque je vis, et que j’ai la force de vous soutenir et d’essayer non de vous consoler, mais de vous rendre le courage, moi qui ne me consolerai jamais ! Olivier poussa un gémissement ”
“ Pauvre duc! vous croyez qu'on oublie du jour au lendemain un homme comme don Diego! Vous pensez qu'on met au monde un enfant comme mon fils, qui est né marquis, pour en faire cadeau à une poitrinaire! Vous admettez que j'aie demandé à Dieu pendant trois ans la mort de mon mari, moi qui ne prie jamais, pour ne rien faire de ma liberté! Vous supposez que Chermidy est allé se faire tuer à Ky-Tcheou, par les petits Chinois, pour que je reste veuve à perpétuité! ”
Émile Michel,
Revue des Deux Mondes
“ L’artiste avait, du reste, des raisons personnelles de s’entendre avec don Diego qui, grand amateur de curiosités et d’objets d’art, avait réuni dans son palais de Madrid une très riche collection de meubles en marqueterie, de pièces d’horlogerie, d’armes de prix et de peintures des maîtres les plus renommés. Dans le post-scriptum d’une lettre qu’il écrivait à Dupuy, le 9 décembre 1627, Rubens lui annonce qu’au premier jour il commencera le portrait de don Diego, qu’il tient « pour un des plus fins connaisseurs qu’il y eût au monde. » ”
Alain-René Lesage,
Histoire de Gil Blas de Santillane
“ Diego, reprit-il, j’approuve fort que tu coures le pays pour te rendre parfait dans ton art, et je te conseille de ne point t’arrêter plus longtemps à Madrid : c’est un séjour pernicieux pour la jeunesse ; tu t’y perdrais, mon enfant. Tu feras mieux d’aller dans les autres villes du royaume : les mœurs n’y sont pas si corrompues. ”
José Rizal,
Au Pays des Moines (Noli me Tangere…
“ Ton parrain n’est plus à San Diego; le jeune Père que tu as vu ici cette nuit l’a remplacé comme curé du pueblo; c’est un saint.—Je crois qu’elle préfère San Diego, cousin! observa la tante Isabel; de plus la maison y est plus confortable et c’est bientôt la fête.Maria Clara aurait voulu embrasser sa tante, mais elle entendit s’arrêter une voiture et devint subitement très pâle:—Ah! c’est vrai! répondit Capitan Tiago, et changeant de ton il ajouta: D. Crisóstomo! ”
“ Les gens de la trempe de don Diego ne sont pas les plus difficiles à prendre, et le lion se jette au piège plus étourdiment qu'un renard. La simplicité, la droiture et toutes les qualités généreuses sont autant de défauts à notre cuirasse. Un coeur honnête ne se défie pas aisément des calculs et des roueries dont il est incapable, et chacun fait le monde à son image. Si l'on était venu dire à M. Villanera que Mme Chermidy l'aimait par intérêt, il aurait haussé les épaules. ”
James Fenimore Cooper,
Mercédès de Castille
“ Notre métier, Diégo, est de nous battre sans examiner la cause de la querelle, de regarder sans voir et d’écouter sans entendre. Quoique ses coffres soient vides, don Juan est un bon roi ; il est l’oint du Seigneur, et nous devons nous montrer des soldats discrets. ”
Paul Foucher, Revue des Deux Mondes
“ Diego. Oh ! un instant... je suis curieux de voir ce qu’elle contient ; en écartant un peu l’enveloppe... Vittoria. Que voulez-vous ? Diego. Voir si nous irons à Murcie, ou si nous resterons enterrés dans ce trou : n’est-ce pas naturel ? Vittoria. Prenez garde... (Apercevant dona Isabelle dans le fond du théâtre.) Diego, rendez-moi cette lettre à l’instant ; il me la faut. Scène V. Les mêmes, DONA ISABELLE D’AYAMONTE, en demi-deuil. ”
S. Jacquemont, Revue des Deux Mondes
“ Le maître faisait peindre sans relâche à ses élèves des natures mortes, tradition sévillane que nous retrouverons chez le maître de Murillo. Diego, d’ailleurs, comme tout grand artiste, sentait déjà que le meilleur professeur, c’est la nature, et il avait pris pour domestique un modèle, c’est-à-dire un jeune paysan qu’il pourtraictait sans cesse dans toutes les postures. C’est à des traits pareils qu’on reconnaît le vrai démon de l’art. ”
Miguel de Cervantes,
Le Voyage au Parnasse (1614)
“ Don Diego, celui qui porte le nom de Silva, honore aussi de sa présence les hauts sommets du Parnasse, et il s’avance, d’un pas joyeux. Devant son génie, devant son incomparable renom, toute science s’incline obéissante : il s’élève à une telle hauteur qu’il parait un être surhumain. ”
Gustave Aimard,
Par mer et par terre : le corsaire
“ Et don Diego va bien ? – Très-bien je vous remercie, capitaine, ainsi que la señora et la niña ; mais, ajouta-t-il en fouillant, sous son poncho, dans la poche de sa veste, et en retirant un pli cacheté qu’il remit au capitaine, j’aime mieux vous donner la lettre tout de suite ; elle vous apprendra probablement tout ce que vous désirez savoir, beaucoup mieux que je ne pourrais sans doute le faire moi-même ; la parole n’est pas mon fort, vous savez, capitaine ? ajouta-t-il avec un sourire. — Bon ! vous êtes dévoué et homme d’action, ce qui vaut mieux que toute l’éloquence du monde ”
Francisco de Quevedo y Villegas, Don Pablo de Ségovie
“ « Jeune seigneur, avec de pareilles leçons, vous vous formerez et vous vieillirez. » Le curé : « Je suis prêtre, je dirai des messes pour vous. » Le maudit étudiant criait de toutes ses forces : « Monsieur mon cousin, grattez-vous une autre fois, quand cela vous démange, et non après. » Et l’autre : « Que la gale vous vienne, seigneur Don Diégo ! » ”
Hippolyte Lucas, Documents relatifs à l'histoire du Cid (1860)
“ La mort seule venge la mort, le sang seullave le sang. Ne permettez pas, grand Ferdinand, que votre pitié excuse un tel forfait : ce serait flétrir votre justice, encourager le crime, atténuer la confiance, récompenser la folie et punir la raison. Votre intérêt, bien plus que le mien, vous crie de me rendre la justice : faites-la, mon roi, faites-la ! LE ROI . Je la ferai. Et toi, don Diego, défends maintenant la cause de Rodrigo, si une défense pareille est possible. DON DIEGO. Oh! qu'un trépas sans opprobre est digne d'envie! ”
José Rizal,
Au Pays des Moines (Noli me Tangere…
“ Ah! le bon Dieu ne trouble ni les consciences ni le sommeil des habitants de San Diego; il ne les fait même pas trembler et il est certain que si, par hasard, en quelque sermon, on leur causait de Lui, ils penseraient en soupirant: Si seulement il y avait un Dieu!... Du bon Seigneur ils s’occupent peu; ils ont assez à faire avec les saints et les saintes. Pour ces braves gens Dieu semble un de ces pauvres rois qui s’entourent de favoris et de favorites; le peuple n’adresse jamais ses suppliques qu’à eux, jamais à lui. ”
Gustave Aimard,
Les Chasseurs d’abeilles
(1854)
“ Diégo fit un geste d’assentiment. — Don Bernardo ? demanda-t-il. — Fais-le entrer ; je préfère savoir tout de suite à quoi m’en tenir. — Est-il bien prudent que Votre Seigneurie demeure seule avec cet homme ? — Ne crains rien pour moi, Diégo, il n’est pas aussi redoutable que tu le supposes ; n’ai-je pas mes pistolets sous mon poncho ? ”
Le bienheureux Diego-Joseph de Cadix… (1895)
“ Au milieu de cette foule, on remarquait une pauvre femme aveugle et paralytique, maigre, décharnée; on eût dit le spectre de la mort. A la vue de cette malheureuse, Diego est touché de compassion. On le prie de réciter sur elle les Evangiles : « Bien volontiers, répondit-il. » Mais déjà Dieu par son serviteur venait d'opérer deux miracles. « Je vois! je vois! s'écriait l'aveugle », et en même temps ses membres recouvraient leur liberté ; elle marchait, elle courait mieux que ne l'eût fait un enfant. ”
Céline Fallet, L'Hôtellerie de la montagne, par C. Fallet (1885)
“ Tout le monde assure qu'une bataille ne tardera pas à se donner, et que de longtemps on n'en aura vu de semblable. — Vous voulez me tenter, seigneur Diego, répondit le marquis. C'est peu généreux de votre part; mais, quelque envie que j'aie de voir une belle bataille, je me contenterai pour cette fois d'en entendre le bruit. — C'est que vous ne me croyez pas, seigneur, quand je vous affirme que c'est pour moi, pour moi seul, que je vous supplie de me laisser ici. Don Hernandez d'Assuna, votre noble père, ne m'aurait pas fait l'injure de douter de ma parole. ”
María de las Mercedes Santa Cruz y Montalvo Merlin, Histoire de la Soeur Inès (1832)
“ Don Diego revint plusieurs fois chez ma mère, et finit par y aller tous les jours. Sa conversation était spirituelle et attachante; il possédait ce précieux secret de donner une teinte originale aux sujets les plus ordinaires , et souvent, par un tour d'esprit piquant, il attirait et captivait longtemps l'attention. Quelquefois , d'une seule parole, d'un geste, comme ces dernières touches qui donnent souvent la vie dans la peinture, il complétait si bien l'expression d'une idée, que la force et le charme en ”
José Rizal,
Au Pays des Moines (Noli me Tangere…
“ Mais puisque nous sommes à San Diego, entrons dans le cimetière de ce pueblo et visitons-le.Situé à l’ouest, au milieu des rizières, ce n’est pas la ville, c’est le faubourg des morts: on y accède par un étroit sentier, poudreux les jours de soleil, navigable les jours de pluie. Une porte de bois, un entourage fait moitié de pierre, moitié de tiges de bambou et de pieux semble le séparer des hommes, mais non des chèvres du curé ni des porcs des voisins qui entrent et sortent pour explorer les tombes et égayer de leur présence cette triste solitude. ”
Mirabelle, Les récréations du collège, ou La journée aux histoires… (1845)
“ On s'entretint quelque temps de parties de bateau, d'aventures de pêche et de navigation. Quand Dioneo vit que le sujet s'épuisait, il engagea Diego l'Espagnol à raconter à son tour quelque souvenir de son pays. Il commença ainsi, après que le silence eut été établi non sans difficulté : Je ne vous dirai ni tempêtes, ni mer courroucée; moins heureux que John, je n'ai jamais mis le pied dans un bateau qu'une seule fois dans ma vie, et ce fut par le plus beau temps du monde. ”
Antoine Jules Dumesnil, Histoire des Plus Célèbres Amateurs Étrangers
“ Nous ne suivrons pas don Diego dans son gouvernement de Sienne, dans sa mission au concile de Trente, non plus que dans son ambassade à Rome, qui le contraignit, à son grand regret, de quitter définitivement Venise. Sa carrière politique ressemble à celle de tous les hommes d'État de son siècle. Il recevait de ses maîtres, Charles-Quint et Philippe II, des instructions et des ordres, et il s'y conformait en les faisant exécuter avec le zèle et même le fanatisme ardent qui dominait alors à la cour d'Espagne. ”
