Résumé

Ernest Serret Francis, scènes de la vie de jeunesse en province

La mère Morin fut généreuse, elle ne revint qu’à près de minuit. Sa voix nous réveilla de notre rêve, et quel réveil ! J’étais bien heureux pourtant en m’éloignant de cette maison. J’emportais au fond de mon cœur un sentiment de félicité infinie qui dure encore, et dont l’empreinte, comme je te le disais en commençant, ne s’effacera jamais. Je ris moi-même quand je songe à ces pures jouissances d’un amour heureux, mon esprit raille mon cœur. Que veux-tu ? Louise est ma maîtresse, mais je l’aime, oh ! je l’aime de toute mon âme !
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Ernest Serret Francis, scènes de la vie de jeunesse en province

Je n’ai pu voir Charles B... qu’hier dans la soirée, et pendant un quart d’heure seulement. La femme qu’il aime absorbe sa vie ; il est dévoué à ses éternels et mystérieux caprices. Il m’a compris tout de suite, il m’a regardé d’un air affectueux et m’a serré la main. Les gens qui ont une passion au cœur valent mieux que les autres. Je lui ai confié tout ce qu’il ignorait de mes relations avec Louise, tout, excepté l’amour que je lui garde, et qui ne mourra qu’avec moi.
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Ernest Serret Francis, scènes de la vie de jeunesse en province

C’est en rompant avec elle que je sens la chaîne qui m’unit à Louise pour toujours ; c’est en la quittant que je comprends que je ne puis m’en séparer ; c’est en me jurant de ne plus la voir que je devine qu’elle sera toujours présente dans mon cœur. J’ai obéi, en me décidant à cette rupture, à un sentiment respectable en soi, à un sentiment vulgaire, à ce besoin qu’on éprouve à une certaine heure de trancher ces liens que le monde condamne, et qui paraissent n’avoir d’autre raison d’être que le plaisir. C’est force selon les uns, faiblesse selon les autres.
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