Résumé

P. Albane Le Péché de Madeleine

Robert m’aimait, je l’ai repoussé pour le donner à Louise ; j’ai assisté chaque jour au spectacle de leur bonheur, j’ai vécu près d’eux la mort dans l’âme et le sourire aux lèvres, et si je voulais fuir avec vous loin d’eux, ce n’était pas devant le remords, mais devant le péril. Comment il s’est fait qu’au moment du départ mon fatal secret s’est échappé de mon cœur, je ne puis le dire... Vous étiez là, vous avez surpris ma première faiblesse... Dites vous-même si le châtiment n’est pas égal à la faute ! Louise ignore tout et doit tout ignorer.
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P. Albane Le Péché de Madeleine

Si je parle en ce moment, Madeleine, c’est que mes forces m’ont trahi, c’est que mon courage est vaincu comme le vôtre. Je vous adore et je vais vous perdre... Ah ! laissons une fois au moins nos larmes et nos cœurs se confondre... Madeleine, n’est-ce pas que vous m’avez bien aimé ?
— Robert, par pitié ! m’écriai-je douloureusement, je suis lâche ; mais ne vous faites pas une arme de ma faiblesse pour m’enlever le peu qui me reste de ma propre estime. Laissez-moi quitter cette maison sans remords. Que le souvenir de cette heure ne s’élève pas un jour entre Louise et moi !...
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P. Albane Le Péché de Madeleine

Je me laissai glisser sur un banc, à l’angle de la terrasse.
— C’est blasphémer que de nier l’amour quand on aime, Madeleine ! me dit Robert, qui s’était approché sans que je le visse, et qui s’assit près de moi. Avez-vous songé à ce qu’aurait souffert celui... dont vous m’avez parlé un jour,... celui que vous aimez, s’il vous avait entendue tout à l’heure reniant sa foi et brûlant ce que votre cœur adore ?
— Vous prenez trop de soin pour lui ; rassurez-vous, répondis-je. Celui que j’aime ne s’inquiète guère de moi, je vous jure ; il est heureux, il m’oublie.
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