P. Albane

Élements biographiques

P. Albane,  Le Péché de Madeleine

“ Si je parle en ce moment, Madeleine, c’est que mes forces m’ont trahi, c’est que mon courage est vaincu comme le vôtre. Je vous adore et je vais vous perdre... Ah ! laissons une fois au moins nos larmes et nos cœurs se confondre... Madeleine, n’est-ce pas que vous m’avez bien aimé ?
— Robert, par pitié ! m’écriai-je douloureusement, je suis lâche ; mais ne vous faites pas une arme de ma faiblesse pour m’enlever le peu qui me reste de ma propre estime. Laissez-moi quitter cette maison sans remords. Que le souvenir de cette heure ne s’élève pas un jour entre Louise et moi !...
”
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P. Albane,  Les Lettres de Hermann et Dorothée

“ Un soldat n’est pas un moine, et, pourvu que le cœur se garde pur, il importe peu qu’on boive un verre de bon vin de France à la santé d’une jeune et charmante dame ou à celle d’un vilain camarade barbu. Si d’heureuse fortune passe un joli minois, est-il si mal de lui décocher un sourire ? Mérite-t-on la mort pour répondre galamment à de piquans propos, et pour montrer à ce peuple si fier de ses grâces qu’on ne lui cède en rien dans l’art de plaire ! Le patriotisme trouve son compte à de certaines petites aventures sans conséquence, et Dorothée a tort de se montrer si revêche. ”
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P. Albane,  Le Péché de Madeleine

“ Robert m’aimait, je l’ai repoussé pour le donner à Louise ; j’ai assisté chaque jour au spectacle de leur bonheur, j’ai vécu près d’eux la mort dans l’âme et le sourire aux lèvres, et si je voulais fuir avec vous loin d’eux, ce n’était pas devant le remords, mais devant le péril. Comment il s’est fait qu’au moment du départ mon fatal secret s’est échappé de mon cœur, je ne puis le dire... Vous étiez là, vous avez surpris ma première faiblesse... Dites vous-même si le châtiment n’est pas égal à la faute ! Louise ignore tout et doit tout ignorer. ”
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