Résumé

P. Albane Les Lettres de Hermann et Dorothée

Hélas ! elle se joue de moi, et je m’aperçois avec terreur que mon cœur se trouble à ces badinages perfides. Le démon de la volupté, sous les traits charmans de Fidelis, s’est chargé de venger Dorothée. Je le sens, et n’ai plus le courage de rompre ma chaîne... Te le dirai-je aussi ? le souvenir de Dorothée m’inspire désormais un invincible ennui ; je pressens ses reproches, son mépris hautain, l’âpreté de son chagrin ; elle a au plus haut point le pédantisme de la vertu, qui est le plus insupportable de tous... Le sort en est jeté ; je suis amoureux de Fidelis...
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P. Albane Les Lettres de Hermann et Dorothée

Un soldat n’est pas un moine, et, pourvu que le cœur se garde pur, il importe peu qu’on boive un verre de bon vin de France à la santé d’une jeune et charmante dame ou à celle d’un vilain camarade barbu. Si d’heureuse fortune passe un joli minois, est-il si mal de lui décocher un sourire ? Mérite-t-on la mort pour répondre galamment à de piquans propos, et pour montrer à ce peuple si fier de ses grâces qu’on ne lui cède en rien dans l’art de plaire ! Le patriotisme trouve son compte à de certaines petites aventures sans conséquence, et Dorothée a tort de se montrer si revêche.
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P. Albane Les Lettres de Hermann et Dorothée

Je préfère recourir à l’indulgence. Oublions le passé ; je ne veux me souvenir que de ta tendresse et de nos jours heureux.
Je vais bientôt rentrer en Allemagne ; notre départ est prochain. Je quitterai sans regret ce pays, où je n’ai rencontré que la plus injuste haine des Français contre notre nation et la plus barbare rancune. Je quitterai sans remords ce Paris, où je ne laisse que des ruines, cette patrie des voluptés, où mon cœur a su se garder pur et sans tache. Je vais rentrer au foyer domestique la tête haute, comme un honnête et loyal Allemand, sans peur et sans reproche.
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