Résumé

Portrait de Charles Maurras Charles Maurras Les nuits d'épreuve et la mémoire de l'Etat… (1924)

II. — LE CONSERVATOIRE DES GRIEFS
Bâtir sur le sentiment d'une foule est bâtir sur l'eau.
Le seul conservatoire possible du grief national, c'est l'Etat.
Nous avons assisté tout un jour à l'explosion de haine et de mépris provoquée par la visite des avions boches dans Paris, la plus meurtrière depuis le début de la guerre. Mais pour que chacun vive, il faudra que ces souvenirs, sans disparaître, rentrent dans l'ombre.
Ainsi va le monde, et son train se fait sans dommage chez les peuples bien constitués qui possèdent un État.
Source : Gallica

Portrait de Charles Maurras Charles Maurras Les nuits d'épreuve et la mémoire de l'Etat… (1924)

Un Etat qui abandonne l'idée d'indemnité ou qui appelle justice une charité ridicule envers l'ennemi, cet Etat politique signe sa déchéance, et les socialistes qui lui dictent faute sur faute proclament de la sorte leur inaptitude à comprendre et à pratiquer la première des obligations sociales, qui est de savoir subir et imposer les conditions de la vie.
Toute vie serait rapidement rendue impossible si la barbarie boche pouvait compter sur l'impunité. Nulle vie civilisée ne serait praticable si de fortes rançons n'étaient exigibles et exigées en échange de tant d'horreurs.
Source : Gallica

Portrait de Charles Maurras Charles Maurras Les nuits d'épreuve et la mémoire de l'Etat… (1924)

Et voilà que nous saute aux yeux dans les nouvelles d'Allemagne cet aveu de la terreur des bombardements. N'est-ce pas à saisir tel quel ? L'arme nouvelle, la voilà, la rejetterons-nous ?
L'aveu boche paraît sincère. La terreur s'explique. Songez que, depuis trois ans et demi de guerre, l'Allemagne entière n'est éprouvée qu'à la manière
de nos provinces du sud-est ou du sud-ouest, par les pertes en combattants, jointes à un degré de gêne alimentaire que nulle province de France n'a ressenti.
Source : Gallica

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