Henri Amic

Résumé

Henri Amic Madame de Karnel (1880)

JACQUES BÉROSE.
P. S. — Au moment où je ferme ma lettre, je relis la tienne, et je m'aperçois que je ne t'ai point dit tout ce que j'aurais dû. Ta tristesse ne vient-elle bien que du dégoût que t'inspire la politique et les hommes? — Je voudrais le croire; j'y fais tous mes efforts, et je n'y parviens pas. Tes yeux n'habilleraient point ainsi tout de noir, si tu n'avais pas en deuil un coin du cœur. Tu te dis guéri de ta passion folle ; tu vas plus loin : tu prétends qu'elle n'a jamais existé; c'est trop, beaucoup
trop.
Source : Gallica

Henri Amic Madame de Karnel (1880)

Elle était douce, prévenante et bonne ; nous n'avions qu'un désir, qu'une volonté ; nos deux cœurs battaient de même. Il est impossible d'être plus vraiment heureux.
Jacques ne put retenir un sourire : involontairement il songeait à Geneviève ; il ne pouvait envier personne.
Roger comprit la pensée de son ami.
— C'est vrai, reprit-il après un silence, mon bonheur n'a jamais été aussi grand que j'aime à me le persuader aujourd'hui. Je n'avais pas, je n'ai point au cœur la confiance qui donne la paix. Il me semble parfois que l'amour de Louise est tout sensuel.
Source : Gallica

Henri Amic Madame de Karnel (1880)

Peut-être avez-vous raison, mademoiselle, s'écria-t-il enfin : j'exige trop de tendresse, trop de vertu de ceux qui m'entourent, je demande l'impossible, et pourtant je crois toujours l'atteindre; je cherche, j'attends, et j'espère!.
Ne trouvant rien en moi qui me satisfasse, c'est dans le cœur des autres que j'ai placé ce rêve d'idéal que je prends plaisir à poursuivre. Il peut se faire que je me trompe, je le sais bien, mais que m'importe si mes erreurs me sont chères, si mes illusions m'apportent plus de douceurs et plus de joies que la vérité !.
Source : Gallica

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