Ernest Desprez

Résumé

Ernest Desprez Un enfant, t. 1/3

Elle n’ignorait pas pour quelle raison sa mère lui tenait ce langage; et plus madame Drouart chargeait le tableau pour le lui rendre odieux, plus Louise se disait tristement: Elle me parle ainsi parce qu’elle ne veut pas que je l’aime!
Madame Drouart quitta les généralités pour s’attaquer de nouveau et spécialement à Gustave.—Quel est ce jeune homme? demanda-t-elle. Fils d’un banquier, qu’importe? S’il avait des vues honorables, à qui se serait-il adressé d’abord, à toi ou à ta mère?... Il est rare, bien rare, ma fille, qu’un honnête homme écrive secrètement à celle qu’il veut épouser.
Source : Gutenberg

Ernest Desprez Un enfant, t. 1/3

Madame Drouart ne remarqua pas sans chagrin l’avidité de sa fille pour tout ce qui était louange. Faute de bien lire dans le cœur de Louise, elle mit sur le compte d’une dangereuse vanité ce besoin excessif d’éloges, qui n’était au fond que le besoin d’une ame expansive et tendre qui demande des caresses parce qu’elle veut rendre des caresses, à qui il faut beaucoup d’amour parce qu’elle veut beaucoup aimer.
Source : Gutenberg

Ernest Desprez Un enfant, t. 1/3

Dans ses lettres, de même que dans sa conversation, madame Drouart ne cachait pas à Louise la misère de leur position. Loin de la flatter d’un heureux avenir, elle lui répétait sans cesse: «Nous sommes pauvres, ma fille, très-pauvres. Je travaille pour vivre. Travaille à ton tour, ma Louise, et de toutes tes forces, afin de te faire un sort honorable par tes talens. Ce n’est qu’en profitant de l’éducation qu’on te donne que tu peux être assurée de ne jamais manquer de rien.»
Source : Gutenberg

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