Résumé

Gaston Devore La sacrifiée : pièce en trois actes (1954)

JULIEN.
Certes, madame.
MADAME BAUDRICOURT.
Suzanne est très sensible... Elle a tant d'âme, la chérie, tant de sentiment...
SUZANNE.
Nous vivons beaucoup par le sentiment, ici... JULIEN.
Comme vous avez raison !
SUZANNE.
Vous aimez le sentiment ?
JULIEN, encouragé par son père qui lui tape sur l'épaule.
Comment, mademoiselle! Mais... je n'aime que ça.
SUZANNE.
Vraiment ?
JULIEN.
Le sentiment est la seule raison de vivre... SUZANNE, épanouie.
Je suis bien de votre avis.
ROIZEL.
Julien est un garçon très doux, très affectueux,
plein des meilleures qualités familiales...
Source : Gallica

Gaston Devore La sacrifiée : pièce en trois actes (1954)

DORVILLE.
Assez grand, oui, mademoiselle.
JEANNINE.
Et c'est beau, hein ?
DORVILLE.
Il y a des choses belles... des choses laides...
JEANNINE.
Parfaitement ! Et l'indépendance, c'est bon, hein, l'indépendance ?
DORVILLE.
Très bon. Mais il ne faut pas se faire d'illusion. On n'est jamais indépendant. Ainsi, mon temps appartient à M. Baudricourt... et...
JEANNINE, avec un peu de tristesse.
Quand vous me donneriez quelques minutes, la grande perte pour la maison! Parlez-moi un peu. Je n'ai pas tant de plaisir dans la vie !
DORVILLE, gravement, avec douceur.
Source : Gallica

Gaston Devore La sacrifiée : pièce en trois actes (1954)

BAUDRICOURT.
Je ne dis pas, mais vous renversez toutes mes idées...
DORVILLE.
Et permettez-moi de vous le dire : notre union est plus honorable et plus légitime que la plupart de vos mariages réguliers qui sont les produits des combinaisons les plus artificielles et quelquefois les plus malpropres !... Ce qui me fait frémir d'indignation, moi, c'est quand je vois deux êtres accouplés par la seule volonté des autres et par le hasard des fortunes et qui, sans l'ombre d'une émotion personnelle, vont s'amuser froidement à faire les gestes de l'amour ! C'est une montrueuse prostitution !
Source : Gallica

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