Jean Mauclère

Résumé

Jean Mauclère Le roman de Françoise (1933)

Aie pitié, Françoise,... je vais mourir. «
« Je ne suis pas ta maman. »
Françoise tremblait de tous ses membres. Un terrible combat se livrait en elle : cette femme avait commis un crime ; par sa faute, une mère, quelque part, se désespérait d'avoir perdu son enfant, tandis qu'elle, Françoise, grandissait sans tendresse...
« Je vous en conjure, supplia-t-elle, dites-moi mon nom? »
Un souffle imperceptible sort à présent des lèvres bleuies; la jeune fille devine plutôt qu'elle n'entend les mots que la malheureuse répète d'une voix étouffée :
— Pitié,... Françoise,... pardonne... »
Source : Gallica

Jean Mauclère Le roman de Françoise (1933)

Il était redevable de tout cela à cette petite Françoise si gentille, si intelligente, d'une complaisance à toute épreuve. Françoise? mais non! c'était Madeleine qu'elle s'appelait! Et ce n'était pas sa fille à lui, c'était celle de Gaston! C'était aussi celle de Cécile, dont les yeux couleur de feuille morte revivaient si fâcheusement au visage de son enfant !
Un gémissement échappa à l'homme ; il se tourna dans son lit; mais une vision l'obsédait : il se vit disposant sur la grève de Plouharnel deux petits souliers, un seau, une pelle de bois et un chapeau.
Source : Gallica

Jean Mauclère Le roman de Françoise (1933)

Lui tendant les deux mains, Françoise supplia :
« Docteur, pardonnez-moi. Si vous saviez combien c'est triste d'avoir une mère on ne sait où, de lui avoir été ravie quand on était enfant et d'ignorer tout d'elle, même son nom! »
Jacques se rappela la confidence de sœur Louisa ; il se rapprocha profondément ému :
« Se peut-il ? Pauvre petite !
— Oui. Mon père est mort, ma mère vit. On m'a ravie à sa tendresse, pour avoir mon héritage.
— On vous a enlevée ! Et qui donc ? »
Source : Gallica

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