Jean Mauclère

Élements biographiques

Jean Mauclère La Barrière d'or. Illustrations de J. Saunier (1934)

Régine se lève; elle va vers le soleil, comme l'alouette fascinée par le miroir.
Sans qu'il y paraisse, Georgette guide Marie vers le rivage. La fillette s'est tendrement attachée à cette inconnue au visage à la fois grave et naïf, dont les yeux largement ouverts se posent avec une candide confiance sur ceux de sa compagne.
Et voici Marie assise sur la plage, tournée vers l'infini de la mer et du ciel ; elle avance la tête. Voit-elle quelque objet lointain, inconnu? Là-bas c'est la pointe de l'Aiguillon, fichée comme une épine entre le bleu de la mer et relui du ciel.
Source : Gallica

Jean Mauclère La fille du Haff (1927)

A Vilna, le printemps sur le ghetto est une injure au soleil et un défi au bon sens. Malgré tous ses efforts, la lumière ne peut parvenir à fouiller les recoins des demeures obscures, elle n'arrive point à semer quelque poésie dans ce lieu surpeuplé et jacassant. Il semblerait que, pour résister à ses attaques, le ghetto s'abrite derrière ses hideurs, victorieuses de la mode et du temps : jamais autant que pendant le lumineux mois de mai ne paraissent sordides, dans leur usure verdâtre, les lévites et les châles qui se pressent, en marée de misère, au long des vétustes logis.
Source : Gallica

Jean Mauclère Les fleurs du rêve (1911)

Une faille cyclopéenne Qui sépare deux rocs massifs ; L'Océan à chaque seconde S'y précipite en un éclair. — Ecoutez comme le flot gronde Dans les rochers du Puits d'Enfer!
Sur la crête de la falaise,
Deux amoureux vinrent un jour ; Devant la mer sombre et mauvaise, Ils se dirent des mots d'amour. Comme l'or fin elle était blonde, Lui la regardait, tendre et fier. — Ecoutez comme le flot gronde Dans les rochers du Puits d'Enfer !
Mais, hélas! quand on est si belle, On ne saurait aimer longtemps ; On se lasse d'être fidèle,
La brise emporte les serments...
Source : Gallica

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