Jean Mauclère

Résumé

Jean Mauclère Les fleurs du rêve (1911)

Une faille cyclopéenne Qui sépare deux rocs massifs ; L'Océan à chaque seconde S'y précipite en un éclair. — Ecoutez comme le flot gronde Dans les rochers du Puits d'Enfer!
Sur la crête de la falaise,
Deux amoureux vinrent un jour ; Devant la mer sombre et mauvaise, Ils se dirent des mots d'amour. Comme l'or fin elle était blonde, Lui la regardait, tendre et fier. — Ecoutez comme le flot gronde Dans les rochers du Puits d'Enfer !
Mais, hélas! quand on est si belle, On ne saurait aimer longtemps ; On se lasse d'être fidèle,
La brise emporte les serments...
Source : Gallica

Jean Mauclère Les fleurs du rêve (1911)

Comme de la Mer bleue, un charme émane d'elle, Mystérieusement. Le petit dieu malin Effleura ses cheveux, en passant, d'un coup d'aile, Et sur elle épandit ses dons, à pleine main.
On l'aime tellement qu'on a cette folie De croire qu'elle aussi vous aime un peu d'amour; Comme à la mer limpide on lui vouerait sa vie,
Et l'on voudrait l'aimer follement, sans retour...
Mais l'ondine parfois, sous une âpre rafale, Se dresse furieuse, échevelée et pâle, Froide comme la mort
Source : Gallica

Jean Mauclère Les fleurs du rêve (1911)

Seul dans son immense domaine, Il jette aux échos de la plaine Son cri qui répand la terreur ;
Et sans répit sa queue ardente Bat sa robe fauve et luisante, Tandis que de sa voix puissante Il dit sa force et sa grandeur.
Et lorsqu'enfin la Nuit s'envole Au galop de son palefroi ;
Tandis que dans son auréole, Splendide et fier comme une idole, Paraît le soleil, astre-roi,
Le lion, dont l'œil étincelle,
De sa fulgurante prunelle Contemple un instant ce rival ; Puis, dans le matin qui flamboie, Frémissant de vie et de joie,
A la recherche d'une proie S'élance le noble animal.
Source : Gallica

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