Jean Mauclère

Résumé

Jean Mauclère,  Contes arabes (1951)

“ Il apporta sous son bras, et roulé, le tapis de prières du maître, ce tapis qui le suivait partout. Touchant légèrement le dormeur à l'épaule, il prononça, d'une voix déférente :
— Seigneur, il est temps...
Mais brusquement, Yhya jeta un cri : si doucement qu'il eût touché l'homme de Dieu, celui-ci s'était écroulé comme un cèdre foudroyé. Et le saint marabout restait là sans mouvement, sans chaleur, sans vie.
Il était mort!
Allah avait exaucé le dernier vœu de son zélé serviteur. Celui-ci n'avait-il pas dit : quel bel endroit pour y dormir son dernier sommeil? Il y dormait.
”
Source : Gallica

Jean Mauclère,  Contes arabes (1951)

“ Et — qu'Allah lui en procure l'avantage! — le prince s'éveillant, sourit à Lalla Ziza.
Elle lui trouva noble prestance, tel un lion qui erre dans le désert, et se hasarda à le questionner :
— Je vis seule avec ma mère, et n'ai vu d'autre être vivant que le Griffon qui nous a amenées ici. Qui donc es-tu, voyageur ? Où vas-tu?
— Je suis le prince Rhaman, fils du roi de Djaberka. Je retourne dans mon pays. Sultan Sélim m'avait mandé pour épouser la princesse Ziza; mais, tristesse sur moi! je n'ai pas pu la joindre... Les épines de mon cœur, quel autre cœur viendra me les ôter?
”
Source : Gallica

Jean Mauclère,  Contes arabes (1951)

“ Et Si Ali commanda, la voix brève :
— Fais ta prière, iman : tu va mourir!
Le serviteur d'Allah recula encore, mais cette fois jusqu'au mur; et il bégayait, les yeux hors de la tête :
— Tu veux... tu veux répandre le sang d'un vieillard?
— C'est toi-même qui choisis : les douros ou le glaive, la bénédiction ou la mort. Hâte-toi de prendre ton parti : le temps me presse!
Du temps? Il n'en fallut guère à l'iman ben Yaya pour assurer son choix. Il saisit à deux mains, en remerciant le généreux donateur avec une profonde émotion, le gros sac où les douros tintaient gaiement.
”
Source : Gallica

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