Jules Frey

Résumé

Jules Frey Physiologie du bal Mabille (1844)

Notre Pomaré, à nous, est une femme que nous n'avons pas la prétention de citer comme un type de beauté. Elle a des yeux, un nez, une bouche, des pieds, des mains, tout enfin comme une femme de son sexe; — tandis que la Pomaré-Mabille, au dire d'un de nos confrères qui l'a vue comme un amant voit sa maîtresse, quand il l'aime, la Pomaré-Mabille, disons-nous, est un phénomène de grâce, que la nature a parée de tous ses trésors et que la polka a douée de toutes ses désinvoltures.
Source : Gallica

Jules Frey Physiologie du bal Mabille (1844)

Il est à quelques pas du bal un vieillard aveugle qui joue l'air de la polka sur un violon criard; ses genoux heurtent des cimbales retentissantes; son bras agite un grelot, et cette étrange harmonie semble réjouir la foule qui sort du célèbre jardin.
Souvent nous avons vu de jeunes femmes improviser sur le bitume poudreux un quadrille incomplet, et le vieillard redoublait de vigueur dans son jeu; comme il les faisait danser, les Madelei-
nés!
Source : Gallica

Jules Frey Physiologie du bal Mabille (1844)

Ma foi, tant pis, il y a plus d'une Rosita en ce monde qui s'appelle Pomaré.
Notre Pomaré naquit à Paris, rue Poupée, vers la fin d'un vendredi soir, en 1813. — Son père, après avoir été enfant de chœur, était parvenu à la dignité de bedeau de Saint-Nicolas-des-Chanips; sa mère, femme de bien, quoique ouvreuse de loges,
le soir, au théâtre Saqui, tenait, durant la journée, une échoppe de revendeuse à la toilette.
Source : Gallica

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