J. de Neuville

Résumé

J. de Neuville Les joyeuses dames de Paris (1867)

Mais un peu plus de soie, un peu plus de velours, quelques incrustations plus riches ne changent rien à un fait d'histoire naturelle.
Assurément le caractère typique du bal Bullier, celui qui le distingue de Mabille, du Casino, de l'Opéra, de tous les bals possibles, c'est que le public, le vrai public y danse.
Ce n'est ni brillant ni gracieux. Les chapeaux rejetés en arrière, les ronds de jambe étonnants, les gestes furieux des hommes qui se trémoussent n'ont ni le
lustre, ni la correction, ni la savante ordonnance que l'on admire ailleurs.
Source : Gallica

J. de Neuville Les joyeuses dames de Paris (1867)

Écoutez crier une foule qui vient d'entendre une de ces chansons typiques qui bourdonnent dans le cerveau du reclus le plus farouche, et vous saurez peut-être comprendre combien le café-concert se lie à nos mœurs, comme il les complète et les assaisonne, quelle est l'harmonie particulière qu'il y introduit.
Ce sont des expansions béates, des joies sans contrainte, des extases bestiales, des délices qui touchent à la maladie, et l'homme qui provoque et dirige tout cela est un cuistre en tablier blanc, échappé d'une cuisine, et qui fume en regardant ses marionnettes se démener sur ses tréteaux.
Source : Gallica

J. de Neuville Les joyeuses dames de Paris (1867)

Devant ce spectacle un philosophe réfléchirait, un rhéteur déclamerait, un historien chercherait la justification d'un système ou d'une théorie politique, un romancier divaguerait : un écrivain qui est de son temps, qui ne le dédaigne ni ne l'admire, qui est à la fois assez moral pour n'être point méprisable et assez corrompu pour n'être point ridicule, se contentera de suivre le courant sans passion, sans parti pris, comme à l'aventure et de raconter son voyage sinon avec esprit, du moins avec gaieté.
Source : Gallica

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